 |  |
Carrière
À l'issue études brillantes au lycée Lecomte de Lisle
à Saint-Denis de La Réunion, Raymond Barre travaille, en
1942, après la libération de l'ile, au service de presse
et d'information du gouverneur Capagarry. Mobilisé en mars 1944,
il reçoit une instruction militaire à Madagascar. Il est
libéré du service à la fin de 1945, sans avoir participé
aux opérations d'Extrême-Orient. Arrivé à Paris
deux mois plus tard, il s'inscrit à la Faculté de droit
et à l'Institut d'Études politiques, où il rencontre
François Perroux, qui l'initie à l'analyse économique
quantitative et aux techniques de la comptabilité nationale. Il
subit aussi l'influence de Jean-Jacques Chevallier, André Piatier
et Raymond Aron.
En décembre 1949, il soutient sa thèse de doctorat sur "la
période dans l'analyse économique. Une approche à
l'étude du temps". Reçu l'année suivante à
l'agrégation des sciences économiques,
il commence sa carrière comme professeur ˆ la Faculté de
droit et de sciences économiques ˆ Caen puis, en 1951, à
celle de Tunis.
Il entame parallèlement une carrière politique étant,
de 1959 à 1962, le chef de cabinet de Jean-Marcel Jeanneney, ministre
de l'Industrie du gouvernement de Michel Debré. Jean-Marcel Jeanneney
ayant quitté le ministère en janvier 1962, Raymond Barre
reprend son enseignement à
la Fondation nationale des Sciences politiques ˆ Paris o il dirige le
Service de recherches sur l'activité économique.
Il exerce également, en 1966, la fonction de membre du Conseil
du Centre d'études des revenus et des coûts au sein du Commissariat
général au Plan.
En 1967, le général De Gaulle le nomme à la Commission
des Communautés européennes, dont il devient vice-président.
En tant que Commissaire responsable des Affaires économiques et
financières, il élabore, en 1969, un plan de stabilité
monétaire en Europe visant à renforcer la coordination des
politiques économiques et instituer un soutien monétaire
mutuel ˆ court terme. La même année, lors du Sommet de La
Haye, les six États de la CEE se donnent pour objectif l'union
économique et monétaire : le plan Barre sert alors
de travail préparatoire. Ainsi la nécessité d'une
union économique et monétaire européenne devient
évidente. En 1970, ce plan est adopté par le Conseil des
Ministres même s'il n'est pas appliqué exactement de la manière
prŽvue. Concrètement, il donne lieu la même année
à la création par les banques centrales d'un mécanisme
de soutien monétaire et au rapport Werner, dans lequel, pour la
premire fois, est proposée la création d'une organisation
communautaire supranationale. En 1971, on en arrive ainsi ˆ un accord
qui stipule qu'à l'horizon 1980, il devra exister un "ensemble
monétaire individualisé". Ce projet ne se concrétise
pas du fait de la crise des années 1970. Après 1968, Raymond
Barre joue un grand rôle, avec Jean-Marcel Jeanneney, dans la décision
du Général de ne pas dévaluer le franc.
À son retour de Bruxelles en 1973, Raymond Barre est chargé
par Jospeh Fontanet d'élaborer un projet de réforme destiné
à mieux articuler enseignement secondaire et enseignement supérieur.
Georges Pompidou songe à lui pour le poste de commissaire au Plan,
mais son décès empêche la nomination.
En 1976, Raymond Barre est nommé ministre du Commerce extérieur
dans le gouvernement de Jacques Chirac. À la suite de la démission
de ce dernier (août 1976) en pleine crise économique et financière,
il devient, pour presque cinq années, Premier ministre, fonction
qu'il cumule avec celle de ministre de l'Économie et des Finances
de 1976 à 1978. Surnommé
le "meilleur économiste de France", il
prend alors une série de mesures de lutte contre la crise en affirmant
sa volonté de donner la priorité au rétablissement
des grands équilibres et à l'assainissement de l'économie
franaise. D'aprs lui, la relance de l'activité et le recul du
chômage ne sauraient s'obtenir qu'au prix d'une indispensable maîtrise
préalable de l'inflation et de la monnaie.
Élu
Député UDF de la 4ème circonscription du Rhône
aux élections législatives de 1978, Raymond Barre sera régulièrement
réélu député (1986, 1988, 1993 et 1997). Il
devient, dans les années 1980, l'un des hommes politiques français
les plus populaires, mais échoue toutefois,
en 1988, à passer le premier tour de l'élection présidentielle,
en recueillant 16,55 % des voix.
Raymond Barre s'est forgé l'image d'un homme politique déterminé
et atypique, à l'écart des logiques partisanes du "microcosme".
Maire de Lyon de 1995 à 2001, Raymond Barre développe l'idée
d'un "grand Sud-Est européen" dans lequel la région Rhône-Alpes,
et Lyon particulièrement, est appelée à jouer le
rôle principal.
Il a renoncé à toute fonction politique en 2002.
|  |  |