L'épée de l'académicien
Le pomeau est en argent. Sur la fusée, une
croix en or, sur fond de sodalite qui est recouverte de cristal
de roche. Cette croix est à la fois la Croix de saint Étienne,
roi de Hongrie, et la Croix de Lorraine. Elle est un hommage
à ma femme, qui m'accompagne depuis 48 ans à travers les succès
et les épreuves, et un hommage au Général de Gaulle qui, dès
juin 1940, a suscité ma fidélité.
Sur la garde, le blason de mon île natale, l'île de la Réunion,
qui remonte à la Compagnie des Indes, dont la fière devise
est Florebo quocumque ferat, ainsi qu'un lion, qui
symbolise la ville de Lyon. Ce lion est campé sur une corne
d'abondance qui exprime les trésors d'affection que ma mère
a dispensés sur mes surs et sur moi
En haut du fourreau, sont gravés dans l'argent quelques vers
du poème de Paul Valéry, Palme, que peut méditer avec
fruit l'universitaire :
Patience,
patience
Patience, dans l'Azur !
Pareille à celui qui pense
Et dont l'âme se dépense
À s'accroître de ses dons.
De l'autre
côté de la fusée, une feuille de chêne
en or, sur fond de jaspe rouge, recouverte de cristal de roche,
symbolise les années que j'ai passées à Matignon,
au cours desquelles la solidité du chêne n'était
pas inutile.
Le bouton est un masque de la Comedia dell'Arte, symbolisant Venise,
la Sérénissime, dont je ne cesse de découvrir
depuis 40 ans les paysages et les trésors artistiques, sans
parler des couchers de soleil sur le Grand Canal !
Raymond
Barre
21 mars 2002
|