En quelques mots
Invité
à expliciter le sens de ma vie et hésitant à laisser
la foule des internautes pénétrer dans mon jardin secret,
je me contente d'une confidence : la place que le travail a occupé
et occupe encore dans ma vie.
Non pas le travail pour le travail, le travail pour s'étourdir, celui
que Martin recommande à Candide : " Travaillons sans raisonner
; c'est le seul moyen de rendre la vie supportable ".
Encore moins le travail par désespoir, celui dans lequel se réfugiait
Baudelaire : " Tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux
que s'amuser ".
Même pas le travail par hygiène pour éviter cette oisiveté
qui, selon Gaston de Lévis, est la rouille de l'âme.
Ni le travail accepté seulement comme devoir d'état ainsi
que le pratiquaient nos ancêtres pour obéir à Dieu et
donner un sens à leur vie.
Mais le travail qu'on a choisi, celui qui illumine notre existence, celui
qui manifeste la force créatrice qui est en nous, celui qui purifie
notre âme et forge notre caractère.
La tâche pour laquelle on se lève de grand matin et où
l'on s'engage avec joie, en écoutant Bach ou Purcell.
(Jacques Dupâquier)
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