En quelques mots
Combattre
d' abord, dans l'urgence de tous les jours, sous le regard de ceux qui se
sentent menacés et qui décident de nous faire confiance, contre
l'adversité. On ne croise pas, on ne soutient pas ce regard impunément.
Il oblige peu à peu à sortir de soi-m'me, à devenir
meilleur, à viser l'excellence. Il oblige à traquer en soi
toute paresse, toute routine, toute facilité et à se donner
tous les moyens de répondre à la haute et troublante demande
: "Je vous confie ma vie, faites pour le mieux". Et force m'a été
de constater que tout n'est pas toujours fait pour le mieux, que beaucoup
de cancers sont traités avec une sorte de fatalisme, de détachement,
voire de défaitisme. Chaque cas de cancer est une guerre. Le cancer
ne s'arrête jamais de lui-même, ne faiblit pas, mais eu contraire
perfectionne ses armes et augmente son agressivité avec le temps.
Si l'on n'y prend pas expressément garde, il a un coup d'avance dans
toutes les parties. Il est toujours plus loin qu'on ne voudrait et plus
loin qu'on ne croit. Si on veut le contenir, le maîtriser, gagner
la partie, il faut prendre l'initiative et la conserver, assurer la sécurité
à long terme, ne pas crier victoire trop vite et garder des troupes
fraëches en réserve: l'ennemi doit 'tre traqué partout
où il se trouve et, car il est passé maëtre dans l'art
de se dissimuler, partout où il pourrait se trouver.
(Lucien Israèl, avant-propos de Destin du cancer, 1997)
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