Qu'est-ce qu'un académicien ?
Les académiciens sont des personnalités, élues par leurs pairs en raison de leurs mérites personnels.
Le principe de cooptation est le garant de l'autonomie de l'Académie par rapport à tous les pouvoirs. Bien qu'étant au service de la Nation,
les académiciens ne sont pas des fonctionnaires. Leurs appointements - fort modestes - sont calculés sur la base de leur présence aux
séances académiques régulières.
Les élections Dans le courant de l'année qui suit le décès d'un membre de l'Académie, la section à
laquelle il appartenait déclare la vacance du fauteuil qu'il occupait et fixe le calendrier de la nouvelle élection : date de clôture du
dépôt des candidatures, examen et classement des candidatures par la section, lecture des rapports devant l'Académie réunie en comité
secret puis, la semaine suivante, élection en séance publique.
Les candidats ont en général un mois pour se déclarer par un courrier manuscrit adressé au Secrétaire
perpétuel et à tous les membres de l'Académie. Il leur faut ensuite sacrifier au rituel des visites académiques : demander à chacun
audience, fournir à qui le souhaite des compléments d'information sur ses œuvres et travaux, rencontrer les membres qui ont accepté de les
recevoir, les séduire, espérer obtenir leur suffrage… et attendre le jour du vote.
Il n'est pas rare de devoir se présenter plusieurs fois avant d'être élu car une bonne élection se prépare longtemps à l'avance par une
campagne assidue.
Une fois élu, le nouvel académicien doit attendre la parution du décret présidentiel portant acte du résultat de l'élection. Il est alors
accueilli en séance publique.
Les réceptions solennelles sous la Coupole n'existent que dans les traditions de l'Académie française
et de l'Académie des Beaux-Arts.
à l'Académie des Sciences morales et politiques, l'introduction du nouvel académicien a lieu au cours d'une séance publique ordinaire.
Le Secrétaire perpétuel, quittant la tribune, vient le chercher dans le vestibule de la salle où il attend depuis le début de la séance.
Il l'accompagne jusqu'au centre de la salle et le présente au Président. Naguère, ce rituel impliquait en outre que le Secrétaire
perpétuel tînt le nouvel élu par le petit doigt. Le Président ayant invité son nouveau confrère à siéger, celui-ci prend place parmi ses
pairs.
Les femmes
On reproche souvent
aux Académies d'être misogynes. Le nombre des femmes y est
certes pour encore peu élevé. L'Académie des Sciences morales
et politiques a été la première Académie à accueillir une
femme : Suzanne Bastid en 1971. Actuellement, deux femmes
sont membres de l'Académie : Mme Claude Dulong (élue en 1996
dans la section Histoire et Géographie) et Mme Marianne Bastid-Bruguière
(élue le 12 novembre 2001 dans la section Morale et
Sociologie). Chez les correspondants, on compte également
deux femmes : Mme évelyne Sullerot (élue en 1999 dans la section
Morale et Sociologie) et Mme Anne Muratori-Philip (élue
en 2002 dans la section Histoire et Géographie).
L'habit d'académicien
L'habit d'académicien, qui n'est porté qu'à l'occasion des séances solennelles sous la Coupole et
au cours de quelques cérémonies de prestige, a été donné aux académiciens par Bonaparte, Premier Consul, dans un arrêté du 13 mars 1801.
" L'habit vert " symbolisait deux choses : la place occupée par les académiciens dans la hiérarchie de l'état - tous les fonctionnaires
portaient alors un uniforme - et l'unité de l'Institut de France.
Cet habit est complété par une épée, offerte à l'académicien par ses amis, réunis dans un " comité de l'épée ", au cours d'une cérémonie
privée. Au début du XIXe siècle, les épées étaient sur le modèle de celles de l'Institut d'égypte. Aujourd'hui, elles sont précieuse
et ornées de symboles rappelant la vie de son possesseur.
Les ecclésiastiques sont dispensés du port de l'épée ainsi que de l'habit.
Les femmes peuvent porter l'épée - Mme Alice Saunier-Séïté porte un sabre, rappel de sa dextérité dans le maniement de cette arme - ou ne
pas la porter - Mme Claude Dulong l'a substitué par un médaillon.
Bien que désuet et critiqué par certains membres de l'Institut, le port de l'habit et de l'épée est un signe distinctif fortement ancré
dans l'imaginaire de la Nation française, un " lieu de mémoire ".
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