Sauver les retraites ? La pauvre loi du 21 août 2003.

Jacques Bichot,
Paris, éd. L'Harmattan, 120 pages.

Ouvrage présenté par Monsieur Jacques Dupâquier au cours de la séance du lundi 9 février 2004.

Dans ce petit ouvrage de 120 pages, Jacques Bichot, professeur à l'Université de Lyon, spécialiste de l'économie des retraites et de la protection sociale, disciple d'Alfred Sauvy, fait avec humour le procès de la « pauvre loi » du 21 août 2003, qui comporte, selon lui, non pas une vraie réforme, mais un rafistolage du système des retraites.

« Les circonstances, écrit-il, permettaient d'entreprendre une vraie réforme structurelle, de la mener tambours battants, de la réussir : pourquoi en avoir privé la France ? Pourquoi avoir changé les soupapes sur un moteur à bout de souffle, alors que cette opération ne lui permettra de conduire à bon port la retraite des Français ? Pourquoi n'avoir pas équipé notre système de retraite d'un moteur neuf ? »

Et d'adresser à la loi du 23 août 2003 quatre reproches majeurs :

  • Préservant les régimes spéciaux, elle ne supprime pas les inégalités devant la retraite et introduit même, pour les fonctionnaires, ce qu'il y a de plus discriminatoire dans le régime général ;
  • Conservant une mosaïque de régimes disparates, elle va rendre plus complexe encore le pilotage du système ;
  • Maintenant la décote, elle s'écarte du principe d'avenir : la retraite à la carte ;
  • Conservant l'annuité comme base de calcul des droits à pension, elle conserve des règles archaïques, qui interdisent une véritable gouvernance du système.

On se serait évité bien des difficultés en allant droit au but : le système des points, qui existe déjà dans les régimes complémentaires.