Avis de l'Académie sur le projet
de loi constitutionnelle concernant la Charte de l'Environnement
Ayant pris connaissance du projet de loi constitutionnelle
portant sur la Charte de l'environnement et compte tenu des
travaux de l'Académie des Sciences portant sur le même
sujet, l'Académie des Sciences morales et politiques
considère que :
- Une « Charte » promulguée sous forme
de loi constitutionnelle ne pourrait être ultérieurement
complétée ou modifiée que dans les
formes constitutionnelles ;
- La protection de l'environnement a déjà
fait l'objet de dispositions précises en vigueur
depuis la loi du 2 février 1995 (art. L 110-1, code
de l'environnement) et l'article 174 du traité de
l'Union européenne ;
- L'article 5 du projet a pour effet, sinon pour objet,
de retirer sa portée à la jurisprudence du
Conseil constitutionnel suivant laquelle le « principe
de précaution » ne constitue pas un objectif
de valeur constitutionnelle (décision du 27 juin
2001) ;
- Rapprochées de celles de l'article 7, les dispositions
de l'article 5 ouvriraient la voie à des procédures
qui échapperaient aux prérogatives du législateur
ainsi qu'aux pouvoirs des collectivités territoriales.
Tenant compte des préoccupations du Gouvernement,
des considérations qui précèdent et des
recommandations de l'Académie des Sciences ainsi que
de lAcadémie Nationale de Médecine, l'Académie
des Sciences morales et politiques suggère que la modification
de la Constitution ait pour objet l'addition au Préambule
de la Constitution de la Ve République du texte suivant
:
« La République reconnaît les droits
et devoirs du citoyen à l'égard de la protection
de l'environnement et de sa préservation pour les générations
futures. Ces droits et devoirs sexercent dans les conditions
fixées par la loi ».
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