Commémorations officielles
du Centenaire de la Loi de 1905
Le Premier Ministre a choisi un lieu prestigieux le
Palais de lInstitut de France et une institution
connue pour son sérieux et son indépendance
intellectuelle lAcadémie des sciences
morales et politiques pour la commémoration
officielle du centenaire de la loi du 9 décembre
1905 sur la séparation des Eglises et de lEtat.
Malgré le consensus qui existe sur les idées
générales principe de séparation,
laïcité de lEtat la loi de 1905 soulève
encore des débats, un siècle après son
adoption. Quant au rapport entre le politique et le religieux,
force est de constater quil reste ou redevient
un enjeu majeur pour notre société.
Le centenaire de la loi de 1905 est si lon ose
dire providentiel, car il nous invite à relire
lhistoire de France, à réfléchir
sur le principe de laïcité et à en tirer
des enseignements pour aujourdhui.
Extrait de la lettre de mission du Premier ministre, M.
Jean-Pierre RAFFARIN, à lAcadémie des
sciences morales et politiques (lettre du 3 février
2003 adressée à M. Pierre Messmer, ancien Premier
ministre, Chancelier de lInstitut, membre de lAcadémie
des sciences morales et politiques.)
« La loi de 1905, protectrice de la liberté
de conscience lEtat ne reconnaît aucun
culte et de la liberté de pratique
lEtat ne favorise aucun culte est dune
extrême actualité. La réflexion sur
le rôle des religions dans la société
française, cent ans après la loi de 1905,
me paraît aujourdhui très importante.
« Le gouvernement entend donc promouvoir des
colloques et manifestations de réflexion à
ce sujet.
« Il est indispensable quune structure
puisse organiser et coordonner ces actions.
« Je souhaiterais que lAcadémie
des sciences morales et politiques accepte cette mission,
compte tenu de son autorité intellectuelle et de
son évidente légitimité à coordonner
les actions de réflexion à propos de lune
des grandes lois de la République. »
Calendrier du centenaire
de la loi de 1905
Cest une commémoration unique en son genre :
lAcadémie réunira au cours de lannée
près de 140 spécialistes sur divers aspects
des relations entre lEtat et les religions (histoire,
droit, sociologie, philosophie politique, etc.)
Les textes des conférences
seront disponibles au fur et à mesure sur le site Internet
http://www.1905-2005.fr
14
février 2005 : Séance solennelle de lAcadémie
pour louverture du centenaire, sous la Coupole,
en présence de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre
- Jean Favier (La distinction entre pouvoir
temporel et pouvoir spirituel en Occident),
- Jean Tulard (La Révolution française
et le Concordat napoléonien dans les origines de
lEtat laïque),
- Claude Nicolet (Idée laïque
et idée républicaine sous la IIIe République),
- Jean Foyer (La loi de Séparation),
- Pierre Nora, de lAcadémie
française (Le sacré et le profane dans la
mémoire de la nation républicaine)
21-22-23
février :Colloque
I : Sources et origines de la Séparation
Thèmes des demi-journées :
- Les héritages antiques et médiévaux ;
- les héritages des « Lumières »
et la Révolution ;
- lEtat concordataire au XIXe siècle ;
- pensée religieuse et pensée
laïque au XIXe siècle ;
- les prodromes de la Séparation
et lélaboration de la loi ;
- réception de la loi de 1905.
25-26-27
avril : Colloque II : La République et les
religions en régime de Séparation un siècle
de pratiques institutionnelles.
Thèmes des demi-journées :
- De la Séparation à lapaisement ;
- les pouvoirs publics et les religions
en France : un « état des lieux » ;
- relations institutionnelles entre lEtat
et les religions : le régime général
de la Séparation ;
- droits locaux dAlsace-Moselle et
dOutre-mer ;
- le régime de lenseignement
confessionnel et des aumôneries ;
- un point sur les grandes questions juridiques
actuelles.
19-20-21 septembre : Colloque III : La laïcité
française dans son contexte international, singularité
ou modèle ?
Thèmes des demi-journées :
- Retour sur un processus historique :
la laïcisation des relations internationales ;
- aspects religieux des relations internationales
actuelles ;
- tour dEurope des relations Eglises-Etats ;
- comparaison avec dautres aires
culturelles ;
- problématiques religieuses de la
construction européenne ;
- courants religieux et philosophiques dans
lEurope actuelle.
4-5 novembre : Assemblée annuelle de la Conférence
des Académies de province : La Séparation
et ses conséquences à travers la France :
lapport de lhistoire locale.
28-29-30 novembre : Colloque IV : La laïcité
aujourdhui, valeur commune de la République ?
Thèmes des demi-journées :
- Définir et penser la laïcité ;
- la laïcité, valeur partagée ? ;
- sentiments, croyances et pratiques religieuses
dans la France actuelle ;
- loi républicaine et norme religieuse ;
- intégration, religion et communautarisme ;
- le fait religieux dans la culture et
léducation laïque.
5 décembre : Séance solennelle de lAcadémie
à la veille du centenaire de la loi
Plusieurs membres de lAcadémie
dresseront le bilan des travaux de lannée. M.
Jacques Chirac, Président de la République,
est invité à participer à cette séance
solennelle et à y prononcer un discours de conclusion.
Ces commémorations
sont publiques
mais toute présence n'est possible que sur invitation
Pour demander une
invitation
au
colloque I
au
colloque II
au
colloque III
colloque IV
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Repères historiques
sur la laïcité
Avant 1905, la France vit sous le régime des Cultes
reconnus, issu du Concordat de 1801 avec lEglise catholique,
régime étendu ensuite aux cultes protestants
et juifs. Il ny a pas de religion dEtat en France
avant 1905, puisquil y a pluralité des cultes
reconnus. LEtat finance les religions quil reconnaît.
La loi de 1905 met fin à ce régime. Mais la
loi de séparation ne se contente pas dabroger
le concordat et le « service public »
des Cultes : elle crée un système de fonctionnement
fondé sur les « associations cultuelles »,
système qui est appelé à remplacer le
concordat. La Séparation est laboutissement de
la sécularisation de lEtat ; cest le sommet
de la confrontation entre lEglise catholique et la République.
Mais la loi de 1905 est une loi de compromis.
Les principes essentiels :
« Art. 1er : La République assure
la liberté de conscience. Elle garantit le libre
exercice des cultes sous les seules restrictions édictées
ci-après dans lintérêt de lordre
public.
« Art. 2 : La République ne reconnaît,
ne salarie ni ne subventionne aucun culte.
Dans son article 4, elle admet que les associations cultuelles
pourront sorganiser « en se conformant
aux règles dorganisation générales
du culte dont elles se proposent dassurer lexercice ».
En dautres termes, la loi permet à lEglise
catholique de continuer à fonctionner avec sa hiérarchie
traditionnelle, dirigée par des évêques
nommés par le pape. Cest un point essentiel :
la loi devient, à terme, acceptable pour les catholiques.
Quelques dates :
- 6 juin 1902 : Emile Combes président
du Conseil. Il mène une politique hostile aux congrégations
religieuses (1904 : loi dinterdiction de lenseignement
congréganiste). Sa politique conduit à la
rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège
(juillet 1904). Mais Combes ne se décide à
préparer la Séparation que sous la pression
des socialistes, notamment de Jean Jaurès et du journal
LHumanité.
- 4 septembre 1904 : le président du
Conseil, Emile Combes, annonce à Auxerre, dans un
discours célèbre, la prochaine discussion
dune loi de séparation des Eglises et de lEtat.
Poincaré lui répond dans Le Figaro :
« La Séparation sera libérale ou
ne sera pas ». Le débat commence entre
deux visions de la Séparation : lune ouvertement
hostile à la religion ; lautre garantissant
la liberté future des religions dans un régime
laïque.
- 18 janvier 1905 : Emile Combes, touché
par le scandale des fiches, doit démissionner. Il
est remplacé à la tête du gouvernement
par le ministre des Finances, Maurice Rouvier, qui sera
président du Conseil jusquau 7 mars 1906. Il
dirige un gouvernement de radicaux et de modérés.
Le ministre de lInstruction publique et des Cultes
est lanticlérical Bienvenu-Martin.
- 4 mars 1905 : la Commission parlementaire
adopte le projet de loi du ministre de lInstruction
publique et des Cultes, synthèse des propositions
parlementaires, projet plus modéré que celui
dEmile Combes. La Commission, présidée
par Ferdinand Buisson, est dominée par le rapporteur
de la loi, le jeune député socialiste Aristide
BRIAND, qui mènera les débats à la
Chambre.
- 21 mars 1905 : début de la discussion
à la Chambre des députés
- 3 juillet 1905 : la loi est votée par
la Chambre par 341 députés contre 233.
- 9 novembre 1905 : début de la discussion
au Sénat
- 6 décembre 1905 : par 179 voix contre
103, le Sénat vote la loi dans les mêmes termes
quà la Chambre
- 9 décembre 1905 : la loi « concernant
la séparation des Eglises et de lEtat »
est promulguée. Elle est publiée au Journal
officiel le 11 décembre.
- 11 février 1906 : par lencyclique
Vehementer nos, le pape Pie X condamne la loi de Séparation.
Pendant tout lhiver 1906, des affrontements ont lieu
lors des inventaires des biens ecclésiastiques nécessités
par lapplication de la loi.
- 18 janvier 1924 : à la suite dun
accord dapaisement avec la République, le pape
Pie XI accepte la création des « associations
diocésaines ». Léquilibre
républicain est fait.
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