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Jean-Marie COLOMBANI

La France et la Corse

J’essaierais d’être aussi peu provocateur que possible, même si le thème en lui-même, vous l’avez souligné, pourrait y inciter. Avant de développer deux idées, je voudrais prendre quelques précautions : il est toujours utile de préciser l’endroit d’où l’on parle. Ces précisions ou ces précautions sont, pour moi, presque des pétitions de principes.

Le premier point, c’est que la France a toujours présenté sa construction politique non pas comme une édification pragmatique qui permette de vivre ensemble en s’adaptant aux changements, mais comme une voie d’accès à l’universalité, comme une sorte de pierre à bâtir de la république universelle ou comme une merveilleuse machine à faire plier les égoïsmes sous une même loi. Ce sentiment généreux, que certains de nos voisins peuvent juger un peu prétentieux, a aussi son revers qui est une certaine fragilité. Je pense que, aujourd’hui, notre force, la force de la France — puisque dans l’intitulé que vous m’avez indiqué, il est question de la France — passe par davantage de pragmatisme, davantage de capacités d’adaptation beaucoup plus que par la conservation d’un édifice qui ne serait menacé que par l’air du temps. Donc refonder, rénover, démocratiser une République toujours inachevée me semble être aujourd’hui une priorité. De ce point de vue, le risque ne me paraît pas être celui d’un éparpillement du territoire — fût-ce à travers l’exemple corse —, mais le risque me paraît plutôt résider dans une sorte d’assoupissement conservateur et nostalgique. La République, conçue comme une invention incessante, comme un inachèvement permanent, c’était la position de Jaurès qui réhabilita partiellement la Gironde, ce fut aussi la position de de Gaulle lorsqu’il sonna la fin de l’État central, en tout cas lorsqu’il le théorisa dans son célèbre discours de Quimper, le 2 février 1969. Même si ce projet eut un sort funeste avec le rejet du référendum sur la régionalisation, je pense qu’il faut encore y puiser l’inspiration de nos réformes.

La seconde précision est la suivante. La différence est un enjeu central dans les sociétés réputées les plus avancées, donc la nôtre. L’héritage des Lumières nous a enseigné que nous serions d’autant plus modernes que nous saurions liquider les particularismes comme autant de traditions locales résistant à la raison et à la modernisation. Or la modernité aujourd’hui, me semble-t-il, accueille et produit des différences qui peuvent, certaines fois, revêtir l’allure de la tradition. L’affirmation de ces différences peut être un sursaut de tradition blessée, mais cela peut être aussi une volonté d’entrer dans une ère moderne où nous inventons, où nous inventerons, nos identités.

Nous savons aussi que, en France, nous avons toujours vu s’affronter deux conceptions de la culture, l’une inspirée des Lumières, faisant de la culture comme un moment donné permettant de nous localiser sur les rails du progrès et permettant à chacune des sociétés que nous observons de prendre une position relative sur une même échelle qui conduit de la sauvagerie à la barbarie, puis de la barbarie à la civilisation. Une telle conception peut évidemment s’accommoder du colonialisme comme du racisme, les populations inférieures ayant le droit d’entrer dans la civilisation, mais par le bas, par l’enseignement des dominants. C’est pourquoi l’homme qui fut à la fois le plus républicain et l’un des premiers coloniaux, Jules Ferry, incarne bien cette volonté d’accès à l’universel donnée aux enfants de métropole comme aux enfants des colonies. Le père de l’école républicaine fut aussi un acteur important de la colonisation. L’autre conception, dite relativiste, fait de chaque culture un ensemble d’éléments incomparables. La diversité devient alors le propre de l’humanité.

Il ne s’agit pas de prendre position pour l’une ou l’autre de ces écoles. Ce débat est assez largement dépassé. On sait aujourd’hui qu’il faut sortir de l’affrontement entre ces deux notions. Les différences culturelles aujourd’hui s’entendent non plus entre les sociétés, mais au sein même de nos sociétés, comme l’actualité nous le montre chaque jour. Ces différences opèrent à l’intérieur de nos sociétés. La modernité est aussi une période où ces différences se développent et où elles demandent une reconnaissance. Cette demande de reconnaissance des différences peut donc nourrir aussi bien une aspiration au repli communautaire qu’un désir de participer à la vie moderne. Pour moi, c’est ce désir de participer à la vie moderne qui explique la référence à une culture propre, au besoin avec sa propre langue, et explique que ce besoin soit mis en avant. Le mouvement de nos sociétés invente ou réinvente sans cesse des différences et des particularismes. Il appellera toujours plus de démocratie, plus de démocratie plurielle et non pas la crispation sur un mode d’organisation devenu, à mes yeux, inefficace. C’est dans cet esprit que j’aborderai la distinction que vous souhaitiez faire entre la France et la Corse. Vous avez compris que nous étions déjà au cœur du sujet.

Dans un premier temps, j’essaierai d’examiner la Corse sans la France. La Corse nous est si familière que, pour ceux d’entre nous qui ont appris la géographie sur ces grandes cartes colorées, il y avait toujours cette petite place à droite, localisée à quelques encablures de Nice, même si la géographie n’était pas respectée, sans laquelle l’Hexagone nous semblait incomplet. Mais si l’on accepte d’envisager la Corse sans la France, alors il faut auparavant poser la question de savoir ce que serait la France sans la Corse.

Sans la Corse, la France ne serait pas ce qu’elle est. Sans Napoléon — un Corse qui est familier à certains d’entre vous — qui naquit la première année de l’annexion de l’île au royaume. Sans Napoléon III. Et au-delà : le destin des Bonaparte a longtemps pesé sur la France. Ce qu’il est convenu d’appeler le génie de la France doit donc d’abord admettre ce qu’il doit à la Corse. Et que dire ensuite de la part prise par la Corse à l’animation de l’Etat, à l’encadrement de son Empire ?

Comment penser la Corse sans la France? C’est évidemment paradoxal. Pour la génération de mon père, c’était presque blasphématoire. Je me contenterai de souligner que la Corse a été la Corse longtemps avant que la France n’ait besoin d’elle ou avant qu’elle ne soit une partie de la France. C’est une banalité de le dire. C’était une banalité pour toutes les provinces, qu’elles fussent d’Etat ou d’élections, mais peut-être un peu plus que d’autres provinces. La Corse a des origines romaines et italiennes, ce n’est pas le lieu d’y insister. Je voudrais simplement retenir un seul épisode. Au XVIIIe siècle, il y eut une révolution corse avant qu’il n’y ait une Révolution française. Cette révolution a eu un chef, Pascal Paoli, dont les œuvres, écrites en italien — Paoli écrivait en italien et Bonaparte en français après avoir écrit en italien —, ont trouvé place dans la bibliothèque du Risorgimento. Elles furent éditées par Jomaseo, le premier des ministres de l’Instruction publique de Cavour. Cette révolution corse, qui précède la Révolution française, a été saluée par Rousseau. Elle s’est faite au nom des idéaux des Lumières. Ce sont les mêmes idéaux que ceux de 1789. Pascal Paoli a d’ailleurs siégé sur les bancs de la Gironde.

Il y a deux façons de considérer le lien entre la Corse et la France. Soit à partir de l’acte qui permet aux Bourbons de récupérer une île après une transaction classique sous l’Ancien Régime, avec de l’or, des armes, du sang, et toutes sortes de tractations qui font la diplomatie d’Ancien Régime. Soit d’un autre acte fondateur, que je préfère de beaucoup, qui est la fusion de deux révolutions, l’adhésion de la révolution corse à la Révolution française. Ne fêtons-nous pas chaque 14 Juillet la fête de la Fédération? On l’a d’autant plus oublié que Sade fut condamné notamment pour " crime de fédéralisme ". Or, c’est la réunion de ces deux mouvements qui fondent l’adhésion de la Corse à la France et qui fait que la Corse pourrait aujourd’hui se sentir pleinement républicaine pour peu que l’on se souvienne de ce double mouvement qui a fort bien été expliqué, en son temps, par le jeune Bonaparte lorsqu’il écrivit sa réponse à M. de Butafuocco en 1790.

Venons-en aux particularismes, nés de la romanité, élément constitutif de l’identité corse. Un seul exemple : le droit civil, tel que nous le connaissons, interdit la propriété collective. Je viens d’une région où toutes les terres ont été, de toute éternité, propriété collective, où les pacages étaient des terres collectives. On est donc en terre de droit romain archaïque, tel qu’il a pu être préservé par une sorte de mémoire orale.

L’insularité a aussi longtemps été l’enfermement. La Corse n’est pas une île ouverte. C’est une montagne au milieu de la mer, comme l’a écrit Braudel. La Corse n’est sortie de cet isolement qu’à travers l’empire colonial de la France. Il faut aussi avoir à l’esprit que, quels que soient l’époque, les régimes, les débats, l’autonomie corse a toujours existé, palpable, sous-jacente, bien réelle. Même si les apparences ont toujours été sauves : les Mariannes sont bien dans les mairies, les drapeaux sont bien tricolores, les fêtes ont bien lieu le 14 juillet. Mais la réalité de la vie quotidienne, la réalité politique notamment, ont toujours été particulières, ayant plus à voir avec la division des cités italiennes entre guelfes et gibelins qu’avec l’échiquier politique tel que l’on peut le suivre depuis les bancs de l’Assemblée nationale. Il y a dans la façon de faire de la politique en Corse des familles, des clients et des alliés, qui ressemble davantage à la cité romaine qu’à la république moderne telle que nous souhaiterions l’envisager. Il faut souligner que la France — la République — s’est toujours accommodée parfaitement de ces particularismes pourvu qu’ils soient tus. Si la Corse s’est identifiée à travers ses hommes et ses femmes à la construction de l’État, et notamment de l’État colonial, il faut savoir que, en Corse, l’État s’est bien davantage appuyé sur les clans que sur les lois. De Marseille à Shanghai, hier, en Afrique encore aujourd’hui, le banditisme lui-même a servi l’État dans ce qu’il peut avoir d’occulte, de missions plus ou moins secrètes.

La crise actuelle est donc le long aboutissement de cette différence. La crise Corse n’est pour moi qu’un élément d’une crise française, qui renvoie à la panne d’un projet français. La Corse n’a, au fond, été à l’aise que lorsque la France avait de grandes ambitions ou des projets dans lesquels les Corses pouvaient se retrouver. La France est en quelque sorte le surmoi de la Corse. Un élément du “mal français” aurait certainement dit Alain Peyrefitte. J’ai toujours pensé qu’il n’y avait pas de séparatisme vrai sans vrai projet géopolitique. De ce point de vue, je ne pense pas qu’il y ait de séparatisme véritable en Corse. Le vrai séparatisme corse a existé lorsque les séparatistes corses souhaitaient rejoindre l’Italie fasciste — projet géostratégique et géopolitique s’il en était. Aujourd’hui, vers quel projet géostratégique se tournerait-il? Vers le destin de l’île de Malte? Je n’en crois pas un mot. Je pense que l’aspiration est davantage à la reconnaissance, au sein de la République, d’une spécificité aussi large que possible, d’un particularisme — d’un régionalisme, aurait-on dit à une époque — d’une autonomie, davantage qu’un séparatisme. Les plus sincères de ceux qui se disent aujourd’hui nationalistes sont au fond des régionalistes malheureux et certainement des Européens. En tout cas, je ne suis pas de ceux qui réduisent le nationalisme à sa version délinquante. Je pense que l’ethnocentrisme, qui est une composante du nationalisme, est soluble dans une France moderne et puissamment réformée. Le Corse nationaliste d’aujourd’hui — je pense que c’est le sujet qui vous intéresse —, même animé par la haine la plus sommaire, est bien plus français que ne l’a jamais été mon grand-père qui, lui, écrivait en italien, comme cette génération le faisait quand elle savait écrire, ou que d’autres Français qui ont servi la France aux colonies et qui n’ont connu de la France que les colonies, précisément, pour rentrer en Corse, le temps venu de la retraite. Cette génération est beaucoup plus française que toutes celles que la Corse a jamais connues. Aucune personne de cette génération, contrairement à la génération précédente, n’a été élevée à Bordighera pour les filles ou près de Pise pour les garçons, aucune personne de cette génération n’a d’autre horizon qu’un horizon français et désormais européen.

Pour essayer de comprendre le problème et sa difficulté, il faut aussi avoir conscience qu’il a fallu attendre le tournant des années soixante — non pas 1860, mais 1960 — pour que la Corse devienne française par le rapprochement géographique et par la fin de l’expatriation que permettait la colonisation. À partir du moment où la Corse s’est à ce point rapprochée du continent — entre Nice et Marseille et non pas du golfe de Gênes d’où elle est plus proche géographiquement —, c’est l’aspiration non seulement à une citoyenneté normale qui a surgi, mais aussi la comparaison avec le continent et avec les données de base du continent, qui s’est affirmée ; donc la prise de conscience de sa pauvreté, du fait qu’elle avait été largement laissée pour compte. Au reste, la Corse figure encore aujourd’hui à l’avant dernier rang des régions, en termes de revenu par habitant. C’est de là que naît le choc que nous payons encore aujourd’hui ou dont nous vivons les prolongements et les surenchères. Plus la Corse s’est rapprochée du continent, plus elle a demandé le droit à la parole, plus elle l’a obtenu.

Cessons de croire, enfin, que l’urgence serait de rétablir l’État de droit. Il est bien davantage question d’établir une démocratie moderne en Corse. Cette république moderne est à inventer. En Corse, le surmoi est républicain, le moi est encore bonapartiste, plongeant ses racines dans l’idéal italien du condottiere, et le ça reste toujours claniste. Mais l’aspiration est démocratique, pour peu que la France devienne à son tour devienne une république moderne. Pour retrouver la Corse dans la France, la question qu’il faut poser est de savoir dans quelle France et dans quelle république. À ce stade, il me semble nécessaire d’exprimer quelques idées sur ce que doit être la France, sur la façon dont la France doit se réformer.

À très grands traits, je pense que la France doit se réformer très profondément et qu’elle doit attaquer son problème par tous les bouts. Il faut réformer nos institutions, revoir l’institution présidentielle, organiser une nouvelle séparation des pouvoirs et mettre sur pied un autre mode d’organisation politico-administrative du territoire. Ces trois dimensions me semblent nécessaires à la rénovation d’une république moderne dans laquelle la Corse trouvera parfaitement sa place, mais pas seulement la Corse, toutes les autres régions.

Décentraliser, c’est d’abord défaire le système consulaire qu’a, pour le bonheur du plus grand nombre et de nous tous, “requinqué” de Gaulle en 1958. Mais de Gaulle avait voulu lui-même le remettre en cause en 1969. Ce système comporte trois volets indissociables à mes yeux et tous trois aujourd’hui totalement dépassés : l’exécutif l’emporte sur le législatif, comme le prescrit tout notre édifice constitutionnel; l’administration sur les élus, comme le veut l’idéologie technicienne qui a valu sa place, tant décriée aujourd’hui, à l’énarchie; et les instructions politiques sur la justice. On comprend à chaque fois les raisons pour lesquelles de Gaulle avait opté pour ce système. Elles sont liées aux circonstances.

L’exécutif l’emporte sur le législatif : c’était pour corriger les errements de la IVe République.

L’administration l’emporte sur les élus : c’était la montée en puissance de l’ÉNA, telle que l’avait voulu Michel Debré. On pensait que la France se referait à travers ses “grands commis”.

Les instructions publiques l’emportent sur la justice : évidemment, il fallait faire face à la guerre civile, non pas froide comme on la connaîtra plus tard, mais guerre civile chaude puisque le général de Gaulle était non seulement lui-même menacé, mais des gens mouraient de cette guerre civile organisée par l’OAS et par l’extrême-droite contre le général.

A mes yeux, ce système est largement dépassé. Mais tout se tient dans la construction de cette logique consulaire. Et tout doit se tenir quand viendra l’heure d’une déconstruction-reconstruction, quand viendra l’heure de modifier ce système. Je pense qu’il y a désormais à l’œuvre, dans les faits, dans la façon dont se déploie le pays aujourd’hui, une autre logique qui lie le transfert de pans entiers du pouvoirs à l’Europe à l’assouplissement des contraintes qui enserrent le pouvoir législatif et qui le lie également à l’émancipation des régions de même qu’à l’acceptation d’une véritable séparation des pouvoirs qui soit digne de ce nom et qui accepte la pluralité des pouvoirs de nos sociétés.

Voilà quelles sont les directions qu’il me semblerait utiles de prendre aujourd’hui pour une sorte d’architecture générale de notre réforme. L’exemple corse devra fonctionner à rebours, montrer la voie plutôt que, comme on vient de le faire pendant vingt-cinq ans, paralyser initiatives et imagination. La France est et devient tocquevillienne, et doit donc mettre un jour en accord son droit avec le fait. Je n’apprendrai rien à personne, Tocqueville est l’homme de la distinction canonique entre la centralisation politique nécessaire et la centralisation administrative le plus souvent nuisible. Ce théoricien, comme vous le savez, a rencontré en Amérique une structure d’une très forte autonomie et une très grande liberté de chaque collectivité, mais aussi une centralisation politique autour d’un président, chef des armées.

En France, l’équation “décentralisation-fin de la République” est encore trop largement admise, me semble-t-il, sans examen, à cause probablement de la crainte d’un retour de la féodalité, du fait que l’on a certainement pensé que les institutions telles que nous les vivons étaient une heureuse synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution. Sauf qu’aujourd’hui, nous devons trouver une autre synthèse. Sans craindre une régression vers l’amont, un retour de l’Ancien Régime. Nous aurions tout à craindre en revanche d’une crispation sur un système, que j’ai appelé jacobin par commodité, qui empêche ou freine aujourd’hui le développement du pays.

Au reste, rien n’était écrit puisque ce sont les textes de 1792, dont nous sommes les héritiers, qui avaient prévu une large décentralisation. Cette décentralisation n’a jamais été interrompue que pour la durée de la guerre aux frontières en 1792. Ce sont le Directoire, le Premier consul et l’Empereur qui ont ensuite donnés une autre allure à notre maillage politico-administratif qui est aujourd’hui trop serré. La guerre, c’est précisément de cela qu’il est question puisque, de 1792 à 1962, la France a vécu de guerres en guerres. Il faut attendre la fin des guerres coloniales pour que nous entrions dans la paix. Celle-ci s’est encore davantage concrétisée avec la chute du Mur.

Autant on peut comprendre que de 1792 à 1962, nous ayons vécu dans un système centralisé, uniforme, fortement hiérarchisé, qui était probablement destiné à mettre le pays en situation de survivre et de se défendre — pas toujours —, autant il nous faut aujourd’hui nous adapter à une ère plus pacifique de compétition plus que de confrontations meurtrières, et qui fasse toute sa place aux autonomies régionales, en France comme ailleurs en Europe.

Sachons donc raisonner, exister, au cœur de cette Europe en construction : la France comme la Corse y ont toute leur place.

 

Journaliste, directeur du Monde