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M. Pierre Messmer
LA NOUVELLE PROBLÉMATIQUE
DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE
séance du
lundi 20 décembre 2004
Il y a un an, notre Président mavait demandé
de présenter une conclusion, après les communications
sur lEurope que nous avons entendues. Mission impossible :
comment conclure, cest à dire si nous nous référons
au dictionnaire de lAcadémie française
« fixer définitivement » un dossier
en perpétuelle évolution ?
La construction européenne est un chantier en cours
dont les plans ne sont pas et ne peuvent pas être définitivement
arrêtés. Jai donc proposé au Président
qui a bien voulu accepter, de limiter mon exposé à
une problématique. Quels sont, en cette fin dannée
2004, les principaux problèmes auxquels est confrontée
lUnion Européenne ?
Le premier est évidemment celui
de la ratification du traité constitutionnel.
Le traité signé à Rome, le 29 Octobre,
par les représentants des 25 états membres de
lUnion est maintenant soumis à la ratification.
La question est posée ; quelle procédure
choisir. Ratification parlementaire ou référendaire ?
Neuf états ont déjà choisi la voie parlementaire.
Certains y étaient obligés par leur constitution
nationale ; onze la voie référendaire ;
cinq hésitent encore.
Le référendum est le meilleur moyen démocratique
pour légitimer une constitution mais il comporte des
risques. En France, par exemple, le Président de la
République a sagement choisi la voie référendaire,
tout en sachant que les opposants à la Constitution
pourraient être rejoints dans leur vote négatif
par les adversaires du Gouvernement, suivant une habitude
bien établie.
Quoiquil en soit, la ratification unanime du traité
constitutionnel est loin dêtre acquise. Il est
possible quun ou plusieurs des vingt-cinq pays membres
refusent leur approbation ; nos voisins anglais qui,
depuis des siècles, vivent très bien sans constitution
diraient que je fais ici un « understatement ».
Lunanimité étant nécessaire et
lexclusion dun pays surtout sil est
grand pratiquement impossible, il faudra reprendre
les négociations, ce qui renvoie à plusieurs
années la ratification et, par conséquent, la
possibilité de passer à une véritable
union politique. Ce nest pas une catastrophe, lUnion
ayant été créée et sétant
développée sans constitution depuis sa naissance.
Le second problème est celui
de lélargissement.
LEurope est une presquîle ; la mer lui
a donné des limites naturelles au Nord, à lOuest
et au Sud, pas à lEst même si De Gaulle
a évoqué lEurope « de lAtlantique
à lOural ».
Jusquà maintenant, les élargissements
successifs qui ont porté lUnion de six à
vingt cinq membres nont pas soulevé dobjections
de principe, pas plus que nen soulèvent ladhésion
de la Roumanie et de la Bulgarie ni celle, plus lointaine
des autres pays balkaniques : cest lEurope
reconstruite après la chute du rideau de fer. Un jour
se posera peut-être la question de lUkraine mais,
dès aujourdhui, la procédure concernant
la Turquie est engagée et elle oppose, dans lopinion
publique et, dans notre compagnie nous lavons constaté,
partisans et adversaires de son entrée dans lUnion.
Si lon sen tient à la géographie
physique, la réponse est simple ; Constantinople,
aujourdhui Istanbul, est en Europe mais lAnatolie
qui couvre 95 % de lespace turc est en Asie. La
géographie humaine propose la même réponse :
« lEurope est un continent culturel »,
affirme notre confrère, le cardinal Ratzinger. Lhistoire
quon invoque souvent est celle de conquérants
qui ont pendant quatre siècles dominé et colonisé
lEurope Orientale et Centrale, en maîtres habiles,
toujours brutaux et parfois sanguinaires. Les souvenirs quils
ont laissés ne plaident pas en leur faveur et, de nos
jours, les quatre millions dimmigrés turcs établis
dans les pays de lUnion forment des collectivités
bien intégrées dans léconomie mais
culturellement inassimilables.
Quant à léconomie, lEurope et la
Turquie malgré sa situation financière difficile,
peuvent sassocier. Elles lont déjà
fait par laccord dAnkara conclu en Octobre 1963
et leur union douanière est effective depuis 1995,
sans que les échanges aient sensiblement augmenté.
Le principal argument des partisans de lentrée
de la Turquie est politique : lintérêt
de lEurope est évidemment davoir de bonnes
relations avec les pays dIslam, en particulier ceux
du Maghreb et du Moyen-Orient. Les Turcs sont musulmans mais
leur état laïque est capable, pense-t-on, de respecter
les conditions de Copenhague et il sy efforce. Une Turquie
européenne pourrait servir dexemple aux pays
arabes et être un pont entre lOrient et lOccident.
Cest un pari mais il est risqué : si lislamisme
lemportait en Turquie, le pont serait ouvert aux envahisseurs.
Dautant plus que ces nouvelles frontières de
lEurope nous donneraient pour voisins la Syrie, lIrak,
lIran, quelques républiques Turcophones dAsie
Centrale, pays peu tolérants, turbulents et même
potentiellement dangereux.
Selon Clémenceau, la Turquie « cest
une armée et une dette ». Larmée
turque est le seul garant de la laïcité fragile
de son pays et lEurope est bien imprudente en lui demandant,
au nom de la démocratie, de rentrer dans ses casernes.
Parce quelles sont délicates et difficiles, les
négociations avec le Gouvernement Turc seront longues ;
le Président Chirac dont on connaît lopinion
favorable à la Turquie prévoit dix ou quinze
ans. On peut imaginer la réaction des Turcs, peuple
fier, en cas déchec ou, pire, dun refus
vraisemblable de ratification.
Dans le cas contraire, il faut sattendre à la
candidature des pays du Caucase, Géorgie, Arménie
et, pourquoi pas du Liban. Tous peuvent invoquer des titres
sérieux. « Quand on passe les bornes »,
disait le sapeur Camembert que Georges Pompidou citait parfois,
« il ny a plus de limites ».
Un des problèmes les plus graves posés à
lUnion Européenne est celui de la contradiction
dans laquelle elle senfonce entre une croissance extérieure
incessante et illimitée, et une consolidation intérieure
nécessaire mais de plus en plus malaisée.
La politique étrangère en est un exemple.
Politique étrangère et
Sécurité.
La seule politique extérieure dans laquelle lUnion
Européenne possède des compétences propres
et bien définies est celle du commerce international.
Pour le reste, il a fallu attendre le Traité de Maastricht
entré en vigueur en 1993 pour que soit décidée
une « Politique étrangère et de sécurité
commune » (PESC) a laquelle le Traité dAmsterdam
a donné un contenu en 1999. Un « haut représentant
pour la politique étrangère et de sécurité »
fut alors créé et le projet de constitution
prévoit dinstituer un « Ministre des
Affaires Etrangères de lUnion » qui
aurait autorité sur un service européen
pour laction extérieure » et sur « les
délégations de lUnion dans les pays tiers ».
A de rares exceptions près et dune portée
limitée, lUnion na jamais eu de politique
étrangère commune. La crise irakienne la
souligné cruellement : elle est assez récente
pour quil soit inutile dinsister.
Le problème tient au fait que les Américains
et, aussi, les Russes préfèrent les négociations
bilatérales qui leur permettent de rallier à
leur politique au moins certains états européens.
Il y a donc peu de chances pour que lUnion soit capable,
à court ou moyen terme, de saccorder sur une
politique étrangère. Et la nomination dun
ministre des affaires étrangères ny changera
rien.
Quant à la politique de défense, bras armé
de la politique étrangère, elle nest pas
moins problématique. En accord avec notre Président,
je my arrêterai pendant quelques minutes car aucune
communication nen a traité.
Jusquà limplosion de lUnion Soviétique,
la défense de lEurope face à lEst
a été assurée grâce aux Etats-Unis
et sous leur autorité par le moyen de lOTAN.
La disparition, au moins temporaire, de la menace na
pas été suivie par la mise en sommeil de lorganisation.
Dune part, les pays dEurope voisins de la Russie
craignent le réveil de ses ambitions impériales
et, conscients de leur faiblesse, recherchent la protection
des américains. Ceux-ci ont accepté volontiers,
satisfaits détendre leur influence et dautre
part, ils sefforcent dengager lOTAN à
leur service dans des missions nouvelles non prévues
par le traité qui la fondée. Sils
ny parviennent pas, la coopération reste possible
: les accords dits de Berlin permettent à lOTAN
de mettre des moyens à disposition de lUnion
Européenne pour des opérations décidées
par celle-ci et approuvées par les Etats-Unis : tel
est le cas en Bosnie depuis quelques jours.
Il est intéressant de constater quen 1999, six
ans après Maastricht, le conseil européen tenu
à Cologne décida que « lUnion
doit disposer dune capacité daction autonome,
soutenue par des forces militaires crédibles »
et six mois plus tard, à Helsinki, le même conseil
établit « lobjectif global » :
une force de réaction rapide capable dengager
dans un délai de soixante jours, soixante mille hommes
et de les soutenir pendant un an au moins. En attendant la
réalisation de cet ambitieux programme, on vient de
décider, plus modestement, la création avant
2007 de treize groupes de combat de 1 500 hommes chacun,
capables dintervenir nimporte où dans le
monde en moins de quinze jours sous le drapeau de lUnion.
Cette décision sinspire de lopération
baptisée Artémis conduite en Juin 2003 dans
la province de lIturi, à lest de la République
du Congo. A vrai dire, 80 % des effectifs engagés
étaient français.
Dans le domaine de larmement la création dune
« Agence européenne de défense »
a été décidée ; ouverte à
lensemble des vingt-cinq états membres, elle
devrait fonctionner à partir de 2005 avec un modeste
budget de 20 millions deuros sous lautorité
du Haut représentant de lUnion Européenne
pour la Politique Etrangère et de Sécurité
Commune (PESC). Lagence remplacera quelques machines
peu connues mais remarquables par leur inefficacité,
comme le WEAG (Western European Armement Group) ou lOCCAR
(Organisation Conjointe en matière dArmement).
Nayons pas dillusions : source déconomies
et defficacité, lEurope de larmement
ne peut être portée que par quelques grands pays
disposant de centres de recherche, de moyens dessais
et, surtout, de puissantes industries spécialisées
dans lélectronique, laéronautique,
lespace, ce qui coûte fort cher. Gouvernements
et états-majors semblent lavoir compris, tout
en passant sous silence les armes nucléaires françaises
et anglaises qui restent encore un sujet tabou, bien que la
dissémination nucléaire hors dEurope soit
maintenant un fait acquis qui pèsera lourd sur la politique
mondiale.
Le terrorisme impose à lEurope un défi
auquel les européens ne lui permettront pas déchapper
mais elle y est mal préparée et ses initiatives
en la matière nont pas été convaincantes.
Naturellement, le Haut représentant de lUnion
pour la PESC sest empressé de nommer un coordinateur
de la lutte antiterroriste qui a été aussitôt
mis au placard par les cinq ministres de lIntérieur
réunis le 18 Octobre 2004 à Florence. « La
lutte contre le terrorisme », déclare le
compte-rendu signé par les ministres français,
allemand, anglais, espagnol et italien « relève
avant tout des ministres de lIntérieur dont le
rôle politique est prépondérant ».
Ils disposent de lorganisation Europol basée
à La Haye et demandent à la commission de préparer
une directive pour rapprocher et durcir les lois nationales
permettant de combattre le terrorisme. LUnion devrait
aussi encourager ses membres à des réactions
plus solidaires.
Les langues européennes sont un problème pour
le Parlement et la Commission et un sérieux souci pour
la France.
Au sein de lUnion, les dépenses linguistiques
qui étaient de 686 millions deuros par an, lorsque
nous comptions quinze membres, vont sélever dès
lannée prochaine, à plus de 1 200
millions. Cette situation sexplique par le fait que,
dès son origine, lUnion a fait le choix courageux
et lourd de conséquences de donner un statut officiel
à chaque langue vingt aujourdhui
au risque de construire une nouvelle Tour de Babel. Et ce
nest pas fini puisque le Premier ministre espagnol demande
la reconnaissance comme langues de travail du basque, du catalan,
du galicien et du valencien.
Dans la Communauté à neuf, en 1973, les règlements
intérieurs prévoyaient trois langues de travail,
le français, langlais et lallemand. Les
élargissements successifs ont renforcé langlais
ou, plus exactement, le basic english de trois à cinq
cents mots. Churchill disait que langlais est la langue
la plus facile à parler mal. De 1997 à 2002,
la rédaction dans les trois langues de travail fait
apparaître que dans la rédaction dorigine
des documents destinés au conseil, lusage de
langlais est passé de 40 à 73 %,
tandis que celui du français reculait de 40 à
18 % ce qui comporte de sérieuses conséquences
car sapproprier la maîtrise dune langue,
cest aussi acquérir un mécanisme nécessaire
du pouvoir : tel est le cas pour le texte des documents
faisant foi. Une tradition diplomatique abandonnée
à laquelle Maurice Druon tente de redonner vie voulait
que ce fût le texte français. Désormais,
les langues des signataires font toutes également foi,
ce qui prépare les conflits dinterprétation
inextricables. Que pouvons-nous faire, nous Français,
pour que notre langue qui est aussi celle des Belges et des
Luxembourgeois continue dêtre pratiquée ?
Cela dépend dabord de nous. Il est inadmissible
que des parlementaires, des diplomates, des fonctionnaires
internationaux français sexpriment en public
dans une autre langue que la leur mais nous devons apprendre
et comprendre les langues de nos voisins et pas seulement
langlais mais aussi lallemand, lespagnol
ou litalien qui sont de grandes langues de culture.
Le trilinguisme doit devenir notre règle.
Enfin, nous devons enseigner le français aux autres.
Les enquêtes réalisées auprès des
dix nouveaux états font apparaître que leurs
parlementaires et leurs hauts fonctionnaires se déclarent
anglophones pour 60 à 80 % et seulement pour 5
à 7 % francophones. LAgence Intergouvernementale
de la Francophonie a organisé lapprentissage
du français chez les fonctionnaires européens
et les diplomates des nouveaux états membres, non sans
succès.
Le dernier problème dont je parlerai est celui de lEurope
sociale qui se présente sous un aspect nouveau bien
que prévisible.
Rien nest prévu pour lEurope
sociale qui fera parler delle, de plus en plus.
Aucun accord nétant intervenu, le projet de
Constitution laisse aux Etats la responsabilité de
leur politique sociale, en vertu du principe de subsidiarité.
On peut soutenir quen la matière, une constitution
peut se borner à poser quelques principes mais beaucoup
de français avaient mis en lEurope leur espoir
de progrès social et ils navaient pas été
déçus : tel fut le cas des agriculteurs,
grâce à la politique agricole commune dont linévitable
réforme les inquiète aujourdhui.
Quant aux salariés de lindustrie et de certains
grands services publics, la mondialisation quils redoutent,
a été favorisée par la politique européenne
de libre échange mais ils ont longtemps gardé
confiance dans la protection de lois nationales qui, espéraient-ils
pourraient en atténuer les effets. Quelle illusion !
Depuis la communication de Madame Nicole Notat, en Mars dernier,
la situation a radicalement changé. De grandes entreprises
allemandes multinationales ont décidé de diminuer
le coût de la main duvre nationale. Menacés
par des délocalisations dusines vers lEurope
de lEst, leurs salariés sont contraints de choisir
entre suppression demplois et augmentation de la durée
du travail sans compensation salariale. Ce mouvement commence
et il ne sarrêtera pas.
Naturellement, les gouvernements, les syndicats et même
le patronat condamnent, haut et fort, une pratique quils
traitent de chantage mais on ne voit pas comment, dans une
économie libérale, ils pourraient sy opposer :
ils sont impuissants.
Le fait est que « lharmonisation sociale
européenne » dont on parlait jadis nest
possible que si la croissance économique est soutenue
et que les français acceptent de travailler autant
que leurs voisins. Ce nest pas un problème européen
mais un problème français.
* *
*
Avant même la création du marché commun,
les premiers pas dune union je pense à
la communauté du charbon et de lacier
ont été soutenus par la passion et la raison
qui inspiraient la volonté générale de
mettre fin aux terribles guerres qui avaient ruiné
et abaissé lEurope. Il existait alors une mystique
européenne faite de « promesse et de pardon »
selon Anna Arendt citée ici même par Jacques
Delors. Malheureusement, suivant une pente que Péguy
avait dénoncée, il y aura bientôt un siècle
dans des circonstances très différentes, cette
mystique sest dégradée en politique. En
paix depuis soixante ans, une paix solide fondée sur
le droit, lEurope se comporte comme si elle navait
plus dautre but que de senrichir et de grossir,
non pas naturellement car sa démographie est désastreuse
mais en sélargissant comme une tache dhuile,
tout en cherchant à sorganiser pour ne pas devenir
impotente.
Les 30 000 fonctionnaires de la Commission continuent
de traiter les affaires économiques et financières
de lUnion et celles qui touchent à la vie quotidienne.
Cest nécessaire, souvent irritant, jamais exaltant,
et toujours impuissant à ébranler le scepticisme
des uns ou lindifférence des autres qui croient
en lEurope, mais à la manière de beaucoup
de chrétiens, qui croient sans pratiquer. Labstention
massive constatée dans tous les pays aux élections
du Parlement européen en témoigne.
LEurope ne vivra, ne se fortifiera quen faisant
rêver, en proposant de grandes aventures collectives.
Deux au moins sont à sa portée :
- La recherche scientifique et technique, ressort nécessaire
du développement. Le domaine à découvrir
est immense, en biologie bien sûr mais aussi lexploration
des océans, et la conquête de lespace
qui intéresse et passionne lhumanité
tout entière.
- La solidarité avec les plus misérables des
hommes, partout dans le monde et particulièrement
en Afrique notre voisine, où la maladie, la famine,
les guerres, les génocides exigent des interventions
bien adaptées, depuis les aides et la coopération
jusquaux interventions militaires, sil le faut
pour maintenir ou rétablir la paix, en respectant
et pour faire respecter les droits de lhomme.
Pour résoudre ou dépasser les problèmes
qui saccumulent, il faut que lEurope inspire confiance
aux européens daujourdhui qui ne se réfèrent
plus aux « pères fondateurs »
car ils ont une autre vie, dautres soucis.
Les textes de constitution ou de lois, les vux et les
discours, les mises en demeure ou les sanctions peuvent être
nécessaires mais ils ne convaincront pas. Les esprits
et les curs ne seront gagnés, mobilisés
que par des projets concrets et ambitieux.
En sommes-nous capables ?
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