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M. Romano Prodi
Les nouvelles priorités
de l'Union européenne élargie
séance du lundi 26 avril 2004
Chers amis,
Permettez-moi avant tout de vous remercier, et en particulier
M. Michel Albert, pour cette invitation, que japprécie
vivement, à m'exprimer devant votre Académie,
qui est un des grands lieux d'excellence et de débat
européen.
Linitiative que vous avez prise, à travers "Points
de vue sur lEurope", confirme toute votre sensibilité
pour les questions européennes et apporte une contribution
importante au débat sur lEurope en cette année
décisive pour le futur de celle-ci, où nous
devons prendre des décisions fondamentales sur l'Europe
que nous souhaitons, sur son identité et sur les nouvelles
grandes priorités communes.
Il y a en effet, dans l'histoire, des moments où nous
sommes appelés à opérer des choix forts,
déterminés et qui marqueront les années
à venir.
L'Europe de l'euro, de l'élargissement et bientôt,
je l'espère, de la Constitution constitue lun
de ces moments forts.
Le XXIe siècle, celui de la mondialisation et des grands
défis transnationaux, requiert un saut qualitatif dans
la conception du projet politique européen et dans
les actions censées le réaliser. Il sagit
avant tout dun problème de dimension, évident
mais important :
Les États européens sont, tous sans exception,
trop petits pour pouvoir relever ces défis en dehors
ou indépendamment du contexte européen.
Notre Europe, qui prend une dimension continentale, doit dabord
identifier et asseoir les valeurs qui doivent fonder son nouveau
pacte politique : la paix, la démocratie, la dignité
humaine, la justice sociale.
Ce nest quà la lumière de telles
valeurs, en effet, que lon peut identifier les grandes
priorités de l'Union élargie.
L'EUROPE DES VALEURS :
LA PAIX
S'il est une grande réalisation européenne
que nul ne peut contester cest d'avoir rendu la guerre
entre les États et les peuples européens purement
inconcevable.
Cest dabord ce modèle de paix, auquel lélargissement
se réfère en étendant à tout le
continent européen cette évidence quune
guerre entre nos peuples est impossible.
Aujourd'hui, l'Europe doit assumer un rôle international
plus fort et plus cohérent, pour contribuer à
la paix et à la stabilité dans le monde. En
cette période extrêmement difficile, on pense
immédiatement à la situation, préoccupante,
de lIrak.
Le moment est venu pour l'Europe de prendre, en tant qu'Union,
une initiative politique forte dans le cadre des Nations Unies,
afin de peser sur le cours dune situation qui devient
dramatique.
L'Europe doit contribuer à une solution claire et durable
fondée sur les principes incontournables de la souveraineté
du peuple irakien et du respect des droits de l'homme et des
minorités, ainsi que sur l'intérêt général
de la communauté internationale, qui est de rétablir
la paix et la stabilité politique du Moyen-orient.
Les crises qui frappent actuellement cette région ne
pourront en effet se résoudre que dans le cadre d'une
stratégie multilatérale et régionale.
Aucune solution ne sera possible si certains des protagonistes
restent exclus du processus de pacification, de réconciliation
et de démocratisation.
Surtout, il faut une perspective et un espoir de paix.
Sans cette perspective, les forces qui refusent le dialogue
trouveront toujours un terreau fertile; sans cet espoir, les
autres mourront.
En Irak, par ailleurs, il est inutile de regarder en arrière,
de ressasser ce qu'il aurait fallu ne pas faire. Nous ne pouvons
en aucun cas abandonner ce pays à son destin.
Or, chaque jour, on voit un peu plus combien il serait difficile
de donner aux Irakiens de véritables perspectives de
paix et de réconciliation sans une initiative multilatérale
forte.
LA DÉMOCRATIE
L'Europe de la paix est aussi l'Europe de la démocratie.
Comment peut-on encore, aujourdhui, présenter
l'Europe comme un machin technocratique, alors
que la démocratie a toujours été la condition
de base de ladhésion au projet européen ?
Alors que l'Europe a été le facteur essentiel
des six décennies de démocratie que nous venons
de connaître ?
Alors que cette Europe a agi comme un aimant sur les pays
dont ladhésion est à présent imminente,
avant même l'effondrement du mur de Berlin, et
quelle a fourni lamorce de la transition démocratique
à lEst ?
Une démocratie qui nest pas de pure forme, mais
qui demande un effort quotidien tendant à réduire
les disparités entre les peuples et les régions,
et qui repose sur un sens affirmé de la solidarité.
La différence et les exclusions que d'autres sociétés
tolèrent ne sont pas acceptables en Europe.
Cest pourquoi l'Europe doit rester vigilante, pour éviter
qu'en son sein ne se créent des "poches de pauvreté
et de marginalisation", pour garantir à tous ses
citoyens un niveau d'instruction adéquat, qui est la
clé de l'émancipation personnelle, mais aussi
de la croissance économique et sociale des peuples.
LA DIGNITÉ HUMAINE
L'idée et les valeurs mêmes sur lesquelles
nous avons développé notre projet d'intégration
continentale renvoient au principe de la dignité
humaine. Par dignité, on entend le
droit de vivre et de travailler et la réduction de
la faim et de l'ignorance.
La volonté que manifestent certains États membres
de favoriser l'inclusion sociale et les progrès quils
réalisent dans cette voie, pour ne citer que ce seul
exemple, témoignent de ce qui peut être fait
et de ce qui reste à faire en la matière.
L'Europe doit rester vigilante pour faire en sorte que, en
cet instant où nous réformons nos systèmes
de protection sociale, les réformes sattachent
aux instruments sans saper les principes qui les fondent.
Une démocratie, donc, étroitement liée
à une certaine idée de la justice sociale, qui
a toujours accompagné le processus d'intégration
européenne et que l'Europe doit aujourd'hui proposer
une nouvelle fois à ses membres ainsi que dans ses
rapports avec le Nord et le Sud du monde.
Cest sur ces valeurs-là que nous devons fonder
nos choix concernant les nouvelles priorités de la
"grande Europe".
Des choix qui ne supposeront pas nécessairement tous
une intervention active de la part de «Bruxelles».
Des choix quil faudra replacer dans un système
de gouvernance à plusieurs niveaux et bâti sur
une subsidiarité quil convient surtout de concevoir
comme un nouveau rapport entre la puissance publique et les
forces les plus agissantes des sociétés européennes.
La participation à la vie politique et les diverses
formes de partenariat associant la société civile
sont indispensables à lefficacité de laction
publique et à la compréhension des besoins de
la population, ainsi quà la conception des solutions
les plus aptes à répondre à ces besoins.
Ces choix doivent être caractérisés par
une approche européenne forte, de plus en plus nécessaire
et de plus en plus souhaitée par les citoyens européens.
L'EUROPE DES CHOIX
La stabilité internationale et la sécurité,
nos relations avec les régions les plus proches, l'immigration,
la croissance économique et le développement
durable, la recherche, l'université et la participation
citoyenne constituent les grandes priorités de l'Europe
pour les années à venir.
UN MULTILATÉRALISME EFFICACE
Le rôle de l'Europe dans le monde doit refléter
notre histoire commune et une nouvelle philosophie des relations
internationales.
Notre choix d'un multilatéralisme efficace est à
la base de la réussite de l'intégration européenne ;
nous devons le proposer à nouveau avec force, comme
instrument dun nouvel ordre mondial multipolaire.
Notre confiance renouvelée aux Nations Unies, en tant
que pivot d'un nouveau système multilatéral,
na donc rien qui doive surprendre.
Pour nous, «multilatéralisme» signifie :
prendre au sérieux les règles de la politique
internationale, aider tous les pays à appliquer et
à respecter ces règles, jouer un rôle
actif au sein des organisations multilatérales, anciennes
et nouvelles, et promouvoir un agenda pour la paix et la stabilité
qui transcende la simple défense des intérêts
nationaux.
Cette démarche est indispensable pour gagner le défi
de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme
international, qui ne peut reposer uniquement sur des mesures
de sécurité, certes nécessaires, mais
nécessite également une stratégie à
long terme contre les causes profondes du phénomène.
Pour pouvoir assumer de nouvelles responsabilités mondiales,
lEurope a besoin dune plus grande présence
et dune action plus cohérente au sein des principales
organisations internationales, comme elle doit dessiner progressivement
une véritable défense commune européenne.
En Europe, cela suppose en particulier de renforcer le pilier
européen de l'OTAN, une alliance qui réunit,
telle un pont, les deux rives de l'Atlantique.
Dans le monde, cela suppose davancer dans la voie dune
représentation européenne unique et, pour commencer,
au sein des organisations financières internationales.
UN NOUVEAU RÉGIONALISME
L'élargissement nous offre une autre grande opportunité
politique : la construction d'une nouvelle et vaste zone
de stabilité et de prospérité englobant
toute la région qui entoure l'Union élargie,
de la Russie à la Méditerranée.
La politique de voisinage de l'Union européenne, qui
est le complément de sa stratégie d'élargissement,
repose sur une nouvelle conception des frontières,
envisagées non plus comme une ligne de séparation,
mais comme un espace de dialogue, de coopération et
déchange.
En particulier, la Méditerranée, en tant que
grand espace multiethnique traversé par des formes
et des organisations sociales diverses, doit devenir une charnière
de paix et de coopération au centre d'une vaste région
politique et économique allant de l'Espagne à
la Mer noire et au Golfe Persique. L'Europe, toute l'Europe,
doit travailler à redécouvrir cette civilisation
séculaire de la méditerranée, si chère
à Braudel.
IMMIGRATION, INTÉGRATION Et SÉCURITÉ
Nous devrons ensuite élaborer une nouvelle politique
de gestion de l'immigration légale, dans le cadre dune
coopération structurée entre le Nord et le Sud,
qui concilie flux migratoires, situation du marché
du travail européen et aspects interculturels.
Parallèlement, les évènements tragiques
qui se produisent sur la scène internationale nous
poussent à coopérer davantage dans la lutte
contre les trafics illicites et les réseaux criminels
transnationaux.
En outre, la dénatalité et le vieillissement
démographique transformeront rapidement aussi les nouveaux
pays membres de l'Union en une zone d'immigration nette, et
justifieront encore plus une politique européenne commune.
Nous voilà bien loin à présent de cette
crainte dun afflux massif de travailleurs des pays de
l'Est vers lEurope des 15, qui ne se produira pas parce
que l'intégration européenne offre à
ces pays une perspective claire de développement économique
et social. Et quand cette perspective existe, elle réduit
nécessairement lincitation à émigrer,
comme lont montré les exemples de lItalie,
dans les années 60, ou de l'Espagne et du Portugal,
dans les années 80.
UN NOUVEAU RAPPORT AU MARCHÉ
Chers amis,
La défense des valeurs et de la démocratie européennes
suppose également de défendre un modèle
fondé sur l'économie sociale de marché
et de relancer la réflexion sur notre rapport au marché.
Le temps de la pensée unique est fini, comme a pris
fin la prétendue supériorité absolue
du marché sur le politique. Le marché ne produit
de la prospérité et ne favorise le bien-être
social qu'à la condition quexistent des règles
claires, auxquelles tous adhèrent et que tous respectent.
Le défi de la croissance et de la compétitivité
peut être relevé et gagné sans faire fi,
ni du dialogue et des interactions entre les composantes de
la société, ni du respect mutuel, ni de la nécessité
de donner de véritables perspectives de développement
équilibré et durable.
Aujourdhui, lEurope se trouve dans une situation
économique languissante et on a limpression quune
sorte de résignation du corps social européen
à un chômage de masse sest abattue sur
le continent européen.
Nous devons nous inscrire en faux contre cette tendance !
Dautres économie ont réussi à sortir
de limpasse et nous pouvons aussi le faire.
Comment ?
La zone euro a un fort besoin dune nouvelle governance
économique et sociale, dune alliance pour la
reforme, coordonnée au niveau européen.
Un renforcement de la capacité du politique à
gouverner l'économie européenne est indispensable
pour affronter les difficultés économiques à
l'intérieur de l'Union et pour contribuer, au-delà
de ses frontières, à encadrer la mondialisation.
Le problème actuel de l'Europe réside dans son
incapacité à adapter ses politiques, ses modèles
d'organisation et les instruments de ses systèmes économiques
et productifs à un monde et à des marchés
qui ont été profondément transformés
par la mondialisation, l'innovation technologique et une concurrence
toujours plus ouverte.
«LUNION DES CERVEAUX»
Dans le contexte de l'élargissement, il faudra trouver
un nouvel équilibre entre les exigences de compétitivité
économique et la nécessité d'assurer
un degré suffisant de cohésion sociale.
Pour gagner, nous devons parier sur la qualité, sur
le développement technologique, sur l'innovation et,
de manière plus générale, nous devons
valoriser le capital humain, par un effort de confiance et
de collaboration réciproque entre les autorités
publiques, les partenaires sociaux et la société
civile.
Il faudra, en outre, renforcer la capacité de recherche
européenne, en accroissant l'effort financier global
pour la recherche à concurrence de 3 % du PIB
européen et en soutenant l'excellence dans la recherche,
dans un véritable marché intérieur européen
de la recherche et de la technologie.
Cela implique l'établissement de nouveaux partenariats
entre les secteurs public et privé, la création
de nouveaux pôles d'excellence européens et le
développement de nouvelles synergies entre les politiques
de recherche nationales.
LEurope doit être tout d'abord une «union
des cerveaux» et même de plusieurs «unions»,
en conjurant les risques de fuite des cerveaux par une réelle
mobilité dans l'espace européen favorable
au transfert de connaissances et aux échanges culturels,
et permettant également de renforcer l'intégration,
la cohésion interne et le développement d'une
communauté scientifique et technologique unique sur
le continent.
Voulons-nous nous unir et unir nos efforts ou souhaitons-nous
au contraire être les artisans de notre propre déclin
en restant divisés ?
Pour réaliser tous ces objectifs, une nouvelle organisation
du système universitaire européen est également
nécessaire en vue de le rendre plus compétitif,
en renforçant son pouvoir d'attraction au niveau mondial
et en favorisant encore davantage la mobilité.
Je tiens à vous dire, à vous justement, en cette
Académie des Sciences Morales et Politiques, qu'il
est indispensable que le système universitaire européen
ne perde jamais de vue la formation de lindividu,
qui doit être sa principale mission.
La formation humaniste et scientifique ne doit pas être
coupée du progrès technologique et de la spécialisation
académique. Luniversité européenne
doit continuer de communiquer un savoir et non une technique.
Si nous perdons de vue la personne au centre de la formation,
nous perdons de vue notre civilisation, nous oublions notre
histoire.
SOLIDARITÉ ET PACTE POLITIQUE
En outre, la réduction des inégalités
et la promotion d'une plus grande cohésion économique,
sociale et territoriale devront garantir une répartition
plus juste des bénéfices de la croissance.
La politique de solidarité jouera un rôle encore
plus important dans l'Europe élargie. Nous devons donc
maintenir ce choix de fond et mettre encore plus directement
que par le passé la politique de cohésion au
service de l'emploi et de la compétitivité.
Cette solidarité, cependant, ne se réduit pas
à une question d'économie et de flux financiers :
elle est fondée sur un lien politique fort et fait
partie du «destin désormais partagé»
déjà cité dans le préambule du
traité de Paris de 1951 qui lie tous les pays et les
peuples de l'Union.
LEurope est un projet politique global, ce n'est pas
une simple assurance économique !
Enfin, un niveau adéquat de services d'intérêt
général dans des secteurs tels que la santé,
l'éducation, l'énergie, les transports, les
télécommunications ou les services postaux fait
partie intégrante d'un modèle européen
visant à renforcer toujours davantage la dimension
européenne de la citoyenneté et de la participation
civique.
La citoyenneté doit être concrète et tangible,
les citoyens doivent pouvoir la vivre au quotidien.
Ce n'est qu'ainsi que la citoyenneté prend substance
et dépasse les déclarations d'intentions contenues
dans les accords entre gouvernements.
Leuro, par exemple, contribue plus que nombre de déclarations
politiques au développement d'une identité commune
européenne.
La «citoyenneté au quotidien» implique
également un renforcement des mesures visant à
promouvoir la mobilité des jeunes en Europe, non seulement
en matière d'éducation, mais aussi dans les
secteurs du volontariat et du service civil.
En effet, seules des expériences communes permettent
de développer ce sens d'appartenance à
une communauté qui dépasse les frontières
historiques des États nations.
Chers amis,
voici quelques-unes des grandes priorités sur lesquelles
nous devrons concentrer nos efforts au cours des années
à venir.
Pour parvenir à ces objectifs, qui apparaissent tous
dans les différentes déclarations des chefs
d'État et de gouvernement européens de ces dernières
années, de Lisbonne à Bruxelles, il nous faut
un important aménagement constitutionnel et des ressources
suffisantes.
UN NOUVEL AMÉNAGEMENT CONSTITUTIONNEL,
UNE MÉTHODE
.
L'adoption du projet de constitution d'ici juin, au cours
de la Présidence irlandaise, est encore envisageable
et nous devons tout faire pour y arriver.
La nouvelle constitution représente sans aucun doute
un pas en avant important vers davantage d'efficacité,
de simplicité et de clarté.
Pour unir les peuples européens, nous avons besoin
d'un aménagement institutionnel favorisant l'intégration,
la coopération, l'harmonie entre les États.
Tel était le message des pères fondateurs, que
j'ai voulu rappeler pendant les travaux de la Convention,
[bien résumé par la phrase de Jean Monnet :
Je n'ai jamais pensé qu'on pouvait changer la nature
des hommes. Mais en modifiant le contexte dans lequel ils
agissent, en leur donnant les mêmes règles, les
mêmes institutions démocratiques, on peut les
amener à se comporter différemment les uns vis-à-vis
des autres. Dans la Communauté, les Européens
apprennent ainsi à vivre ensemble comme un même
peuple. Nous ne coalisons pas les États, nous unissons
les hommes".]
Les succès obtenus en plus d'un demi-siècle
d'intégration, grâce à la méthode
communautaire, grâce à la coopération
entre le Conseil, le Parlement européen et la Commission,
sous le contrôle juridictionnel de la Cour de justice,
constituent nos points de référence et notre
source d'inspiration pour l'avenir et face aux nouveaux défis
auxquels nous sommes confrontés.
C'est une méthode équilibrée et efficace,
qui garantit les prérogatives des gouvernements, permet
l'exercice d'un contrôle démocratique et assure
la cohérence de l'exécutif.
Une méthode qui permet à l'Europe d'exister
et d'agir !
...ET DES INSTRUMENTS POUR EXISTER
ET AGIR
Toutefois, pour exister et agir, une méthode ne suffit
pas: il faut également disposer de ressources et d'instruments
adéquats, à la hauteur de nos ambitions.
Nous avons proposé, non sans difficultés, pour
la période de financement 2007 2013, de conserver
l'actuel plafond des ressources propres, qui s'élève
à 1, 24 % du produit national brut européen.
Nous sommes convaincus que ce montant constitue le minimum
nécessaire pour obtenir des résultats concrets.
L'absence de ressources adéquates ne permettrait pas
de mieux contrôler le budget, mais aurait pour conséquence
une diminution de la prospérité et du bien-être
de tous les Européens.
Les dépenses de l'Union sont au service des gouvernements
et des peuples européens et représentent souvent
le seul moyen de faire face aux problèmes supranationaux
avec efficacité.
Tels sont, chers amis, le sens et la portée du défi
auquel nous sommes confrontés.
Le moment de choisir est de nouveau venu pour notre Union.
Nos choix doivent être courageux et tournés vers
l'avenir.
Ils doivent être fondés sur un sens des responsabilités
élevé et ne peuvent ni être influencés
par des intérêts minoritaires et particuliers
ni être soumis à des exigences tactiques à
court terme.
Ces choix doivent être à la hauteur de nos ambitions
et des attentes que l'Union fait naître en Europe et
dans le monde entier.
Je vous remercie.
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