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M. Jean-Paul Clément
CHATEAUBRIAND, BYRON
ET POUCHKINE FACE A NAPOLEON
séance du lundi 27 juin 2005
« Jai toujours préféré
la mythologie à lhistoire,
parce que lhistoire est faite de vérités
qui deviennent à la longue des mensonges,
et que la mythologie est faite de mensonges qui deviennent
à la longue vérité »
(Jean Cocteau)
Jean Cocteau a-t-il tort, tout comme Paul Valéry,
de douter de la vérité en histoire ? Toujours
est-il que Napoléon commença à linverse
par le mythe avant dentrer dans lhistoire. Il
fait partie de ces héros très rares, de la guerre,
de lamour ou de la poésie, à avoir connu
de son vivant cette société légendaire
où se côtoient Prométhée et don
Juan. Jeune, il avait dévoré les Vies des
hommes illustres de Plutarque, appris par cur les
Institutes de Justinien, lu et relu les Commentaires
de César, parcouru les vies de Charlemagne et de Louis XIV,
quil souhaitait surpasser.
Dès la campagne dItalie (1797), il donne le ton
dans le Bulletin des armées : « Bonaparte
vole comme léclair et frappe comme la foudre ».
« À linstar des dieux dHomère,
écrit Chateaubriand dans les Mémoires,
il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît
sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment
son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette
des couronnes à sa famille et à ses soldats ;
il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois,
dans ses victoires. Penché sur le monde, dune
main il terrasse les rois, de lautre il abat le géant
révolutionnaire ; mais, en écrasant lanarchie,
il étouffe la liberté, et finit par perdre la
sienne sur son dernier champ de bataille »(1).
Partout présent, stratège, législateur,
mécène, ses moindres mots, déclarations
et actions sont pieusement recueillis, amplifiés, pour
forger avec le Mémorial et la nébuleuse
de témoignages et de mémoires météoriques
qui lentourent de leur aura, une « geste »
qui en fait le héros de son époque, un chef
charismatique. Mathieu Molé, dans ses Souvenirs
de jeunesse, affirme quil sera difficile de juger
de la part de vérité et derreur qui existe
derrière actes et paroles de lEmpereur. Norvins,
lun des premiers historiens « sérieux »
de Napoléon, avoue son impuissance : « Lexcès
du génie, lexcès de la fortune, lexcès
du malheur : voilà pour lhistorien, qui
fait trembler, à laspect de ces proportions colossales ».
Face à cette volonté dentrer tout vif
dans le mythe, je propose détudier en regard
leffet produit sur trois écrivains de génie :
Chateaubriand, laîné, né en 1768,
et ses deux cadets, lord Byron, né vingt ans plus tard,
et Pouchkine, en 1799 ; lun enfant de onze ans
au moment de la campagne dItalie, lautre de treize
lorsque la Grande Armée envahit la Russie en 1812.
Face à Bonaparte, ce « roi prolétaire »
selon Chateaubriand, ils se dressent en hommes des «
anciennes races ». Chateaubriand, pris dans les déchirements
de la Révolution, est demeuré indépendant,
attaché à ses origines nobles, à cette
classe, à ses murs « ingagnables » ;
Byron, dune très ancienne famille normande, comptait
des ancêtres violents et excentriques, prompts à
se faire justice eux-mêmes ; Pouchkine était
issu de lune des plus illustres familles de Russie depuis
Alexandre Niewski jusquà Catherine II. Chateaubriand,
le celte, est frondeur, positif et chimérique. Byron,
hors-la-loi sulfureux, mélancolique, « être
fantastique » pour Lamartine, rejoint Pouchkine,
passionné et fougueux, querelleur, qui comptait dans
sa lignée un prince abyssin adopté par Pierre
le Grand.
Tous trois, hors du commun, confrontés à un
homme hors du commun qui, écrit Chateaubriand en 1831,
paraît après la Révolution à lentrée
dun nouvel univers comme ces « Géants
[...] qui se montrèrent à la terre après
le déluge »(2).
De la « légende noire »...
LAngleterre de Byron est celle de William Pitt et de
Wellington, ennemis implacables de la France napoléonienne,
qui a réduit lEmpereur déchu à
un rude exil. La Russie a connu linvasion et lincendie
de Moscou. Lécrivain Karamzine, qui fut proche
de Catherine II, dénonce en Napoléon un nouvel
Attila, un Gengis Khan, un Tamerlan. En France, Napoléon,
victorieux à tous les plébiscites, adoré
par la Grande Armée, est devenu si impopulaire en 1814
quil manque dêtre assassiné à
Orgon alors quil se rend à lîle dElbe.
Face à ce géant, Chateaubriand, Byron et Pouchkine
ont répondu, à lunisson, par une hostilité
virulente, bien quelle sinscrive déjà
dans un registre mythique : celui de la « légende
noire », pour reprendre le titre du bel ouvrage
du Président Jean Tulard.
Chateaubriand, de retour en 1800 dun exil de sept ans
en Angleterre, rallié au Consulat, avait publié
le Génie du Christianisme (1802), sérigeant
en porte-drapeau flamboyant de la politique concordataire.
Diplomate, il avait échoué à Rome face
à lirascible cardinal Fesch. En 1804, à
quelques mois du sacre, il rompt avec Bonaparte après
lexécution du duc dEnghien acte
de séparation irrémissible ; meurtre dirigé
contre le passé, meurtre démancipation
terroriste. En 1807, au retour de son Itinéraire de
Paris à Jérusalem, il lance dans le Mercure
de France un véritable factum où il compare
Napoléon aux empereurs les plus sanguinaires de lAntiquité
romaine : « [...] lorsque tout tremble devant
le tyran, et quil est aussi dangereux dencourir
sa faveur que de mériter sa disgrâce, lhistorien
paraît, chargé de la vengeance des peuples ».
Et, superbe, il sexclame : « Si Napoléon
en avait fini avec les rois, il nen avait pas fini avec
moi ».
Retiré à la Vallée-aux-Loups, il assiste
à leffondrement de lEmpire. En 1814, la
bataille de France semble perdue, les maréchaux sont
prêts à se rendre mais « lidole
nest pas abattue » ; il publie alors
à ses risques et périls, le 4 avril 1814, un
pamphlet féroce : De Buonaparte et des Bourbons,
rassemblant contre lui tous les griefs contenus dans les libelles
et les factums, notamment espagnols, qui se répandaient
sous le manteau pour forger la légende noire. Qui est
lEmpereur ? « Napoléon Brinvilliers »,
lorsquil donne lordre dempoisonner les survivants
de Jaffa ; « Napoléon le Cynique »
qui revient seul de Russie, abandonnant ses armées
dans les plaines glacées, ombres gelées quil
laissait vagabondes après lui, et sassoit au
coin du feu, disant avec bonhomie : « Il fait
meilleur ici que sur les bords de la Bérézina » ;
« Napoléon-Sade » :
« Il naimerait pas même le cri dun
grand crime si ce crime nétait pas son ouvrage »
« Napoléon Buonaparte létranger »,
avec linsistance sur le u de Buonaparte, selon
lorthographe bien assurée dans le « noble
faubourg » ; « Napoléon-Alexandre » :
du fracas de ses conquêtes, il ne subsiste rien ;
tout est retourné à la « stérilité
des déserts » ; « Napoléon-Néron »
jugé par « Chateaubriand-Tacite »,
lorsquil examine les erreurs capitales de lEmpereur,
victime de sa folie de conquérant : le blocus
continental, la guerre dEspagne, lenlèvement
du pape ; « Napoléon-phénix »,
enfin, renaissant de ses cendres, et dont le pamphlétaire
prévoit le retour : « Il méditera
en silence sa vengeance : tout à coup, après
un an ou deux de repos [...] il nous appellera aux armes [...]
franchira les places de sûreté [...] ».
En 1812, quand la Grande Armée prend le chemin de Moscou,
Pouchkine est au lycée de Tsarskoé-Sélo ;
on célèbre le culte du tsar Alexandre Ier.
Deux ans après, il compose son premier poème
qui, lu en présence de Derjavine, soulève ladmiration
du vieux poète. Dans ce poème imité du
Barde au camp des guerriers russes de Joukovski, il
glorifie les anciens héros de la Russie et raconte
la lutte épique des Russes contre les envahisseurs
de la patrie.
Le Saint Synode déclare Napoléon anté-Christ.
Les chansons héroïques et populaires russes en
font des portraits impitoyables, où la naïveté
et lexagération renforcent le sentiment anti-napoléonien
dont elles sont saturées. Elles sont recueillies par
Pietr Kiréevski, avec le concours de Pouchkine et de
Gogol.
Après les Cent-Jours, Pouchkine compose un poème :
Retour de Sa Majesté le tsar de Paris, en 1815,
et dénonce encore le « géant insolent
qui allait à sa perte en traînant des chaînes » ;
il y relate la déroute de Napoléon, sa chute,
chante lhéroïsme des braves et regrette
de ne pas avoir participé aux combats.
Byron, dans ses débuts, avait résisté
à Napoléon, à ses « mots ».
En lisant son exhortation aux troupes en Égypte :
« Soldats, souvenez-vous que du haut de ces pyramides
quarante siècles vous contemplent », il
est « fou furieux » Stendhal
en témoigne dans les Conversations choisies de Lord
Byron(3).
En 1812, il prend la parole à la Chambre des Lords
pour soutenir les catholiques dIrlande. Il conclut de
façon abrupte que Napoléon lui-même serait
fort heureux de la défaite à la Chambre de lémancipation
catholique : « Cest sur la base de votre
tyrannie que Napoléon espère fonder la sienne ».
Dans son Ode à Napoléon (1814), il assimile
lEmpereur à un démon orgueilleux, « fléau
de ses semblables », « ténébreux
génie si longtemps obéi et si peu digne de lêtre »(4).
Mais Napoléon ne va cesser de le hanter, son humeur
oscillant entre ladmiration et lhostilité.
... à la légende dorée
La défaite, lexil puis la mort du héros
font refluer la légende de logre. Mais les contradictions
demeurent : est-il lhéritier des philosophes
et de la Révolution, ou lhomme dordre qui
entendait instituer une monarchie despotique et détruire
les libertés ? Chateaubriand remarque : « Après
sa mort, [...] on oublia sa tyrannie [... ; nous nous
figurons quil nous sauverait aujourdhui de la
honte où nous sommes : sa renommée nous
fut ramenée par son infortune ; sa gloire a profité
de son malheur ».
Ce nouveau Prométhée outragé, persécuté
par Hudson Lowe, sélève au rang de héros
shakespearien, ce qui enchante Byron et Pouchkine lui-même
inspiré par Byron au point de le comparer à
Napoléon. Il nest plus le conquérant comptant
les hommes pour rien, le dictateur de lEurope, mais
léveilleur des « nations romantiques »,
telles la Grèce, la Pologne, dominées, partagées,
oubliées par le Congrès de Vienne.
En Angleterre, la « napoléomanie »
enfièvre les esprits. Walter Scott consacre un poème
à lEmpereur, Le champ de Waterloo (1815), et
compose une Vie de Napoléon en six volumes (1827).
Puis viendront Coleridge, Wordsworth. Wellington réunit
jusquà sa mort tous les vétérans
présents à ses côtés lors de la
mémorable bataille de Waterloo, et érige à
Aspley House, près de lescalier, une sculpture
colossale en marbre blanc de Napoléon par Canova, sans
autre vêtement quune draperie tombant du bras
gauche, tenant de la main droite, avancée et isolée
du corps, une petite statue de la victoire en métal,
et de la main gauche un long sceptre.
En 1822, Chateaubriand, ambassadeur à Londres, note
avec un humour corrosif : « Cette déification
[par Wellington] semble plutôt luvre de
la vanité dun concierge que de lhonneur
dun guerrier. Général, vous navez
point vaincu Napoléon à Waterloo ; vous
avez seulement faussé le dernier anneau dun destin
déjà brisé ».
Autour de lui, les Anglais sengouent de lillustre
captif. « [...] on était passé du
dénigrement pour Nic à un enthousiasme
bête, écrit lambassadeur. Les mémoires
de Bonaparte pullulaient ; son buste ornait toutes les
cheminées, ses gravures brillaient sur toutes les fenêtres
des marchands dimages [...] »(5),
jusquaux bottes de Soult dont on se disputait la possession.
Après 1815 Napoléon « poète
en action »
Tourmenté par sa postérité, Napoléon
espérait ardemment que ses biographes lui attireraient
ladmiration du public européen car il
créait à mesure quil grandissait son propre
mythe. Il avait vu juste. En 1817, le « Manuscrit
venu de Sainte-Hélène » de manière
inconnue bible des jeunes générations
romantiques rêvant de la gloire dont elles sestiment
privées , rédigé en fait par Lullin
de Châteauvieux, annonce limmense retentissement
du Mémorial de Sainte-Hélène,
publié en 1823.
Avec plus de zèle que quiconque, Byron suit le destin
de Napoléon dans son exil. Son ami John Murray lui
adresse livres, pamphlets et revues car les soldats,
officiers, diplomates écrivent : leurs écrits
inondent lEurope , jusquà lui vendre
sa bibliothèque napoléonienne : les Lettres
de Warden et la réponse que Napoléon leur fit,
les Mémoires de Colborn, etc.
*
Sécartant de la légende noire, les trois
écrivains ne se laissent pas prendre pour autant par
la légende dorée le Napoléon du
peuple propagée par un Béranger. Leur
appréciation demeure personnelle, complexe, parfois
contradictoire à leur image. Il semble possible
de dégager quatre thèmes intimement liés :
- identification et rivalité
- lhomme du destin, entre le bien et le mal
- linventeur des « nations romantiques »
- enfin, avec Chateaubriand, la volonté de sortir
du mythe pour entrer dans lhistoire.
Chateaubriand se veut lucide, mais ne peut sempêcher
de dresser un parallèle entre lui et lEmpereur :
« Bonaparte et moi, sous-lieutenants ignorés ».
LAnglais Byron, enfermé dans son égotisme
héroïque, entend surpasser Napoléon. Et
le Russe Pouchkine voit en lEmpereur lhomme du
destin.
I Identification et rivalité
Chantre des « sociétés évanouies »,
Chateaubriand avoue : « Au commencement de
ces Mémoires je neus à parler que
de moi [...] ; ensuite je fus environné de miracles :
ces miracles soutinrent ma voix [...] »(6).
« Ses mains, écrit-il, étaient pleines
de puissantes réalités. Je navais pris
encore que des chimères ».
Son duel avec Napoléon le sert et le contente. « La
France aurait pu gagner à ma réunion avec lEmpereur,
moi, jy aurais perdu » ; il aurait été
réduit à jouer les seconds rôles :
« Je ne vaux rien quen première ligne »,
avait-il affirmé. Opposant, « je métais
placé à son niveau », écrit-il.
Sous la Monarchie de Juillet, il assiste en spectateur à
lessor de la légende napoléonienne tout
en gardant son quant-à-soi. Sil voit en Napoléon
lun des maillons essentiels de la révolution
démocratique, il pressent que son épopée
commence. Bonaparte est « né dans une île
pour aller mourir dans une île, aux limites de trois
continents ; jeté au milieu des mers où
Camoëns sembla le prophétiser en y plaçant
le génie des tempêtes [...] »(7)
(1836).
Byron entend, lui, se confronter à Napoléon,
légaler voire le surpasser. Dès 1816,
il avait visité le champ de bataille de Waterloo, où,
tout comme Chateaubriand, il a médité sur le
caractère éphémère de la gloire.
Waterloo nest pas une victoire mais une défaite
mélancolique, car lEurope est toujours dans les
fers, et la tyrannie plus puissante que jamais « le
passé vainqueur de lavenir », pour
lAllemand Heine. Le contraste tragique entre la gaieté
du bal chez la duchesse de Richmond à Bruxelles, la
veille de la bataille, et le carnage et la ruine qui suivirent,
constitue un superbe prologue à Childe Harold
sur Waterloo.
Lady Byron ne disait-elle pas de son mari : « Il
est le monarque absolu des mots. Il les utilise comme Napoléon
la fait des vies, pour la conquête, sans soccuper
de leur valeur intrinsèque »(8) ?
Le Pr John Clubbe(9),
de lUniversité de Californie, a défini
la « dernière campagne » de Napoléon
menée de Sainte-Hélène par lexpression :
« la campagne des mots ». Lexilé
navait-il pas confié à Las Cases :
« Il y a deux puissances au monde : le sabre
et lesprit. [...] À la longue, le sabre est toujours
battu par lesprit » ? Ses hauts faits
avaient enflammé limagination de ses contemporains ;
maintenant, ses mots, véhiculant une nouvelle image,
devaient conquérir les générations à
venir perdant le royaume temporel pour entrer pleinement
dans le royaume du mythe, domaine de prédilection de
Byron.
Si Napoléon avait conquis par des batailles, Byron
conquerrait par la poésie. Relevant le défi
de lEmpereur, il répondra avec ses propres mots.
Don Juan dont André Suarez remarque que « [s]a
redoutable figure [...] fait face dans mon esprit à
celle de Napoléon. Lui aussi, le joueur damour,
poursuit une éternelle victoire ; et il en dissipe
le prestige dès quil la touche »
et les Mémoires, dont il ne reste que des fragments,
se voulant une réplique au Mémorial,
annoncée par Warden, quil commence à écrire
à Venise « lîle la plus
verte de mon imagination » , montreront au
monde qui est son nouveau maître. Dans le chant 9 de
Don Juan, il affirme quil « va combattre
au moins en mots » (st. 24). Les triomphes conquis
par les mots dépassent de loin les triomphes que peuvent
représenter le triomphe des faits. Contradiction suprême :
ce sera la fin de Byron à Missolonghi. Comme Napoléon,
Byron disait : « Voici ce que vous croyez
que je suis [parlant de Don Juan], mais voici ce que je suis
vraiment ».
Mais la rivalité ou plutôt lémulation
créatrice nexclut pas lidentification.
Lorsque Byron écrit :
« Mais pour les curs
ardents, le Repos est Enfer,
Ta perte vint de là ; il existe dans lâme
Une vigueur, un feu qui se sent à létroit
Dans la prison du corps et prétend dépasser
Léquilibre permis des médiocres désirs »(10),
parle-t-il de lui ou de Napoléon ?
Les poèmes de Byron chantent la gloire de lhomme
fort, le surhomme, orgueilleux, égoïste et solitaire.
Cest le triomphe de lindividualisme amoral quincarne
Napoléon. Quel autre personnage contemporain aurait
pu sadapter avec plus de raison au type de héros
glorifié par Byron, sinon Napoléon ? Un
surhomme, une force de la nature, un homme seul contre tous.
Le romantisme byronien, cest lesprit de révolte
contre la société, les traditions, les lois,
tout ce qui soppose à la volonté du héros.
Napoléon, qui ne reconnaissait que les lois quil
faisait lui-même, était de cette manière
non seulement excusé davoir trop usé de
sa volonté au détriment des autres, mais glorifié
comme le héros de la perfection romantique.
II Lhomme du destin, entre le bien et le mal
Pouchkine pour sa part était hanté par une
question qui ressurgit avec le Raskolnikov de Dostoïevski
et le surhomme de Nietzsche : le héros peut-il
séchapper par son génie de tout impératif
moral ? Pour Byron, le tyran fait ce qui lui plaît ;
il est absous parce que héros. Après quelques
poèmes pro-napoléoniens, Eugène Oniéguine
(1823-1830) marque un tournant chez Pouchkine. Chez ce héros
byronien presque caricatural, on ne sait plus très
bien ce qui lemporte, de ladmiration pour sa ville
natale, Moscou, ou du blâme envers Napoléon :
« Voici entouré de son
parc le palais de Petrov. Triste et sombre, il est fier
dune gloire toute récente. Vainement Napoléon,
grisé par son dernier succès, attendait lagenouillement
de Moscou, avec les clefs du vieux Kremlin. Non, elle nalla
pas au-devant de lui, ma Moscou [...] elle préparait
un incendie au héros impatient ».
Dans la Dame de pique (1833), nous rencontrons Hermann,
héros atteint de napoléonisme aigu. Voici comment
le décrit un de ses amis : « Cet Hermann
est vraiment un personnage romanesque. Il a le profil de Napoléon
et lâme de Méphistophélès.
Je crois quil doit avoir au moins trois crimes sur la
conscience ». Lisavéta, la jeune fille quil
courtise, a de lui la même impression. Je cite :
« Il est toujours assis sur le rebord de la fenêtre,
les bras croisés, fronçant les sourcils dune
manière menaçante. Dans cette attitude, il rappelle
étonnamment le portrait de Napoléon ».
Pour Pouchkine, les titans sont beaux dans la mythologie,
mais comment les introduire dans la vie courante, à
moins quils naient en secret une mission émanant
du destin ? En 1821, il écrit :
« Le destin merveilleux sest
accompli :
Le grand homme sest éteint ».
Dans le poème À la mer, Pouchkine se
lamente sur la mort de Napoléon, et Byron les compare
lun à lautre.
Dans Le héros (1830), il rapporte en vers le
dialogue dun poète avec un ami. Ce dernier lui
demande : « De tous les élus de la
Gloire lequel / Domine le plus ta pensée ? »
Et le poète de répondre : « Cest
lui, toujours lui, ce guerrier / Devant qui les
rois se courbèrent ». Lami se met
alors à critiquer Napoléon en se demandant si
cest en conquérant de lItalie, en dictateur
ou en héros entrant dans Moscou fumante quil
le préfère. Le poète lui réplique
que ce nest pas sur le champ de bataille, ni en souverain.
« Ce nest pas assis sur
un rocher,
Martyrisé par linaction,
Appelé héros par dérision ;
Agonisant lentement,
Drapé dans son manteau guerrier »,
mais en thaumaturge,
« Entouré de morts vivants
Marqués du sceau de la peste,
Reine des maladies [...]
[...]
Il savance entre les grabats
Et serre la main aux pestiférés
En faisant renaître lespoir [...] ».
Lentrée triomphale dAlexandre à
Paris ne sest faite que « par la force des
choses » fatalisme ou providence maistrienne ?
Pouchkine estime que Napoléon na pas été
vaincu par les hommes. Dans le Gardien sommeillait sur le
seuil royal (1823), il imagine un fantôme qui pénètre
dans le palais du tsar. Cétait
« Cet homme merveilleux, envoyé
de la Providence,
Instrument fatal dun ordre mystérieux,
Ce cavalier devant qui sinclinaient les rois ».
Quatre vers dune strophe inachevée en parlent
en ces termes :
« Cet homme du destin, ce voyageur
guerrier,
Devant qui les rois sabaissèrent,
Ce cavalier sacré par le pape,
Qui disparut comme lombre de laurore
[...] ».
Dans un fragment de poésie écrit en 1824,
Pouchkine cherche à démêler le sens de
la vie de Napoléon :
« Pourquoi as-tu été
envoyé ?
Est-ce du bien ou du mal que tu fus lexécuteur ?
Pourquoi tes-tu éteint, pourquoi as-tu brillé ?
Visiteur merveilleux de la terre [...] ».
Napoléon sest voulu lhomme de lEurope,
sest drapé dans cette image face à la
postérité. À la tête dun
Empire tout français, il a semé en retour
la Prusse en tête le germe des passions nationales,
réveillé le passé des vieux peuples gorgés
de légendes, prêts à sélever
contre loccupant et ébranler les vieux empires
multinationaux.
III Linventeur des « nations romantiques »
Chateaubriand qualifiait Napoléon de « poète
en action », prolifique de son génie et
de son armée ; en effet, il a bouleversé
lEurope. À cause de lui, les coalitions se forment,
les armées sameutent, les écrivains écrivent,
les philosophes se mobilisent et les musiciens composent
Beethoven et sa Symphonie héroïque, primitivement
dédiée à Napoléon. Suprême
accélérateur de lhistoire, saltimbanque
de génie, il répand à la fois la mystique
des Droits de lhomme et la haine viscérale des
vieilles cours européennes. Les peuples conquis qui
se sont frottés aux valeurs de 1789, ne mettront pas
vingt ans à les retourner contre leurs gouvernants
héréditaires. Bonaparte révèle
les peuples à eux-mêmes. Le romantisme se libère
et se mue en nationalisme. Après lui, les Anglais se
sentent plus anglais, les Allemands plus allemands, les Hongrois
plus hongrois, les Italiens plus italiens...
État dâme romantique, marqué par
la nostalgie des origines, retrouvailles fascinées
des caractères immémoriaux, distinctifs dune
communauté donnée. Faculté démerveillement
devant un trésor de signes miraculeusement retrouvés,
du besoin dentendre un récit dont ces signes
sont autant de jalons disposés en séquences
qui recomposent la trame oubliée, mise au service dun
programme messianique. Avec Napoléon, la nation séveille
et vit son propre rêve.
En septembre 1817, Vaclav Halka, philologue, visite en Bohême
avec un vieux curé un caveau où gisent dans
la poussière quelques flèches déposées
au temps des guerres hussites. Il découvre un manuscrit
dans la vieille langue bohême ; quelques lambeaux
de vers : cétait suffisant pour en faire
un monument littéraire national. En Norvège,
Henrik Wergeland, poète de la renaissance nationale,
compose une Ode à Napoléon.
Lexpédition dÉgypte a marqué
aussi un tournant décisif dans lhistoire des
rapports de lIslam et de lOccident, celui-ci prenant
alors loffensive. Après lâge classique
ressuscitent, dirait-on, le Moyen Âge des croisades,
le barbare fanatique, cruel, massacreur de chrétiens.
Ceci est particulièrement sensible dans lItinéraire
de Paris à Jérusalem de Chateaubriand, mais
aussi chez Byron, où contre le Turc oppresseur, décadent,
fourbe, démoniaque, sélève la Grèce.
On lit dans les deux premiers chants de Childe Harold,
publiés en 1812 :
« Belle Grèce !
mélancolique vestige dune puissance évanouie,
Immortelle bien que disparue, dans ta chute toujours grande !
Qui maintenant conduira en avant tes fils dispersés,
et détruira une longue habitude desclavage ?
[...]
[...] comme tu es belle en ton âge de douleur,
patrie des dieux perdus et dhommes semblables aux
dieux ! ».
Childe Harold, traduit et plagié dans toute
lEurope, donnait à la Grèce la représentation
quen réclamait limagination romantique
nourrie par lépopée napoléonienne.
En 1827, Prosper Mérimée, maître dans
lart de la mystification littéraire, fait paraître
La Guzla. Choix de poésies illyriques recueillies
dans la Dalmatie, la Bosnie, la Croatie et lHerzégovine.
(On sait que Napoléon avait composé ces provinces
illyriennes qui en 1813 furent rattachées à
lEmpire français.) Personne ne met en doute lauthenticité
de ces ballades populaires. Aussitôt le poète
polonais Mickiewicz et Pouchkine les traduisent. Quy
lit-on ?
« Napoléon a dit :
Réveille-toi, Illyrie !
LIllyrie se réveille et sinterroge en
soupirant :
Qui mappelle de nouveau ?
Grand héros, est-ce toi ?
Durant quatorze siècles, lIllyrie est restée
endormie sous la mousse.
Aujourdhui cest à elle que Napoléon
fait appel ».
Contre la vieille Europe des rois restaurée par Metternich,
Napoléon se transforme en « missionnaire
armé » de la Révolution française.
Pouchkine en fait « le héros de notre temps »,
pour reprendre le titre dun livre de Lermontov, ardent
napoléoniste. Dans son Ode à Napoléon
(1823), il exprime son admiration pour le prince qui a sauvé
en France les idées libérales et dont il dresse
un portrait proche de ce qui était inscrit dans les
journaux de larmée dItalie :
« [...] son regard merveilleux,
vivant, insaisissable,
Tantôt perdu dans les lointains, tantôt irrésistible,
Brillait comme le feu de la guerre, comme un éclair ».
Mais lesprit démancipation touche tous
les peuples dEurope, et de nouvelles fractures apparaissent.
Pouchkine, patriote, réagit, prend parti pour les Russes
contre les Polonais et Mickiewicz, qui fait de Napoléon
une sorte de Christ envoyé du Seigneur et abandonné
de Dieu. Dans le poème Aux détracteurs de
la Russie (1831), il écrit :
« [...] Vous nous haïssez
[...]
Pourquoi ? Répondez : est-ce
Parce que sur les ruines de Moscou fumante
Nous navons pas reconnu la loi insolente
De celui devant qui vous trembliez vous-même ?
Parce que nous renversâmes dans labîme
Lidole qui pesait sur vous ? »
IV La volonté de sortir du mythe pour entrer
dans lhistoire
Chateaubriand sest livré à loutrance
du pamphlet, à laquelle a succédé le
« blâme réfléchi »
sans pour autant échapper à lenvoûtement
du mythe.
Dans la préface de 1820 à la réédition
de De Buonaparte et des Bourbons, Chateaubriand tient
à justifier sa première attitude : « On
ne voyait que la moitié du tableau ; les défauts
étaient en saillie dans la lumière, les qualités
plongées dans lombre. Le temps a marché
[...] Usurpateur du trône de Saint-Louis et des droits
de la nation, tel se montrait Bonaparte [...] depuis jai
dû parler dun sceptre perdu, dune épée
brisée, en historien consciencieux [...] ».
Il rend enfin justice à Napoléon : « La
liberté ma permis dadmirer la gloire :
assise désormais sur un tombeau solitaire, cette gloire
ne se lèvera point pour enchaîner ma patrie ».
En 1822, il avait esquissé un « parallèle »
entre Napoléon et Washington, qui sera publié
dans le Courrier français (feuille libérale)
le 7 décembre 1827. Washington, « génie
dun vol moins élevé », mais
fécond, a fondé un monde et assuré les
bases dune République libérale et stable.
Mais en devenant démocratiques, les sociétés
changent de héros, et Chateaubriand le regrette. Napoléon
fut de la race dAlexandre : en lui « toutes
nos gloires dautrefois se réunirent [...] et
firent leur dernière explosion [...] ».
Le Grand Homme est le dernier homme. LIndividu par excellence,
celui par qui lindividu périra. Comme une borne
sur son caillou, Napoléon clôt le passé.
« La rapidité des fortunes, la vulgarité
des murs, la promptitude de lélévation
et de labaissement des personnages modernes ôtera,
je le crains, à notre temps une partie de la noblesse
de lhistoire ».
Ce qui nexclut pas la lucidité et lesprit
critique. Le Malouin issu dune famille « chalotiste »,
attachée bec et ongles aux libertés traditionnelles
« bretonnes » face à labsolutisme
royal, met en lumière, précédant Tocqueville,
le rôle joué par lÉtat capétien,
rôle quil explicite dans les articles du Conservateur
(1818-1820), de manière plus ample dans ses Études
historiques (1831), enfin dans les sept livres de la troisième
partie des Mémoires doutre-tombe (1834-1840)
travail tout à la fois épique et raisonné.
La Révolution est très largement luvre
de la monarchie ; elle procède de son génie,
essentiellement autoritaire et centralisateur. Il ne restait
plus aux Bourbons quà abattre les ultimes remparts
des libertés aristocratiques : Richelieu, ce « génie
du despotisme », y pourvoira. Avec le roi-soleil,
« toutes les libertés, écrit Chateaubriand
dans un raccourci étonnant, meurent à la fois,
libertés politiques, religieuses ».
Voici la vérité, écrit-il en 1819 dans
le Conservateur : « Ce nest point
la liberté, cest légalité
absolue qui a été le principe réel, et
qui forme encore le vrai caractère de la Révolution
française ». La mainmise de lÉtat
centralisé sur le corps social nest pas seulement
le trait permanent qui joint le « nouveau »
régime à l« ancien »,
Bonaparte à Louis XIV. Cest aussi ce qui
explique, à travers une série de médiations,
la pénétration de lidéologie « démocratique »
(cest-à-dire égalitaire) dans lancienne
société française : en dautres
termes, la Révolution, dans ce quelle a de constitutif
à ses yeux État administratif régnant
sur une société à idéologie égalitaire
, est largement accomplie par la monarchie. En détruisant
non pas laristocratie, mais le principe aristocratique
dans la société, la monarchie a supprimé
la légitimité de la résistance sociale
à lÉtat. Mais cest Richelieu qui
avait montré lexemple, puis Louis XIV, et
Napoléon enfin.
La reconstruction a réussi, car elle correspondait
au caractère des Français : « Une
expérience journalière fait reconnaître
que les Français vont instinctivement au pouvoir ;
ils naiment point la liberté ; légalité
seule est leur idole. Or, légalité et
le despotisme ont des liaisons secrètes. Sous ces deux
rapports, Napoléon avait sa source au cur des
Français [...] Monté au trône, il y fit
asseoir le peuple avec lui, roi prolétaire, il humilia
les rois et les nobles dans ses antichambres ; il nivela
les rangs, non en les abaissant, mais en les élevant :
le niveau descendant aurait charmé davantage lenvie
plébéienne, le niveau ascendant a plus flatté
son orgueil »(11).
Mais dans toute son uvre coexistent deux Bonaparte :
lun petit : dans une lettre au duc de Noailles,
sélevant contre le projet de Thiers visant à
« embastiller Paris », Chateaubriand
écrit : « [... Bonaparte] na
pas fait la France, cest la France qui la fait
[...] je ladmire plus que personne en ce quil
a dadmirable. Mais le tort que la vraie philosophie
ne lui pardonnera jamais, cest davoir façonné
la société à lobéissance
passive, repoussé le genre humain vers les temps de
dégradation politique et peut-être abâtardi
les caractères [...] »(12).
... lautre grand et nous sortons alors de lhistoire :
Napoléon se lève, nimbé dune lumière
orientale, lui qui tient du sultan à la fois le despotisme
et léclat, et tout lEmpire se dresse dans
« un songe immense et rapide, comme la nuit qui
lavait enfanté ».
Les limites de lhistoire
Quand Chateaubriand analyse ce constant et étrange
mélange de colère et dattrait de « Bonaparte
contre et pour moi », il a plutôt défini
ses sentiments à légard de lEmpereur.
Dans les Mémoires, ladmiration perce sous
maintes pages : « Mon admiration a été
grande et sincère alors même que jattaquais
Napoléon avec le plus de vivacité ».
Comment Chateaubriand naurait-il pas été
attiré par celui qui avait fendu « les rochers
du Simplon, et planté ses drapeaux sur les capitales
de lEurope, relevé lItalie prosternée
depuis tant de siècles » ?
Conclusion
Des trois écrivains, chacun a nourri le mythe napoléonien,
mythe contradictoire qui repose sur lune des clefs du
romantisme : le destin. Napoléon est lhomme
qui dompte le destin, qui en triomphe en ayant au besoin la
cruauté dun bourreau, fût-elle cette énergie
au service du mal. Mais le destin lemporte. Napoléon
en devient victime. De la détermination physique et
biologique des sensualistes et de Diderot, sopère
un revirement vers un destin romantique et mystique.
Selon Marc Bloch, il est des époques mythomanes, et
le XIXe siècle en fut une, comme en témoigne
le destin du barde Ossian. Chateaubriand en est une autre
preuve : on sent la fierté, qui soutient lédifice
des Mémoires doutre-tombe, dappartenir
à un siècle qui fabrique encore des mythes.
« Bonaparte nest plus le vrai Bonaparte,
cest une figure légendaire composée des
lubies du poète, des devis du soldat et des contes
du peuple ».
À la faculté d« inventer sur
son compte des fables en harmonie avec son caractère,
mensonge de fait, sans doute, mais vérité didées »,
la belle phrase si souvent citée de la Vie de Rancé
vient faire écho : « Quiconque est
voué à lavenir a au fond de sa vie un
roman, pour donner naissance à la légende, mirage
de lhistoire ». Ce mirage, qui fera de Napoléon
un héros épique, était destiné
à Stendhal, Hugo, Dostoïevski, Carlyle, Thomas
Hardy, Abel Gance.
En somme, on peut dire que Napoléon a gagné
son « contre-Waterloo ». Jusque dans
le royaume des mots, il garde la suprématie, laissant
les peuples, selon lexpression de Chateaubriand, dans
une « agitation prophétique de lavenir ».
Mais en France, le Second Empire nest pas loin, et les
guerres européennes des XIXe et XXe siècles
vont disloquer les vieux empires multiethniques et livrer
les nations romantiques à un avenir incertain et belliqueux.
*
* *
Notes
(1) Mémoires doutre-tombe,
livre VI, chapitre 8, éd. Jean-Paul Clément,
Paris, Gallimard, coll. Quarto, 1997, t. I, p. 417. (retour
au texte)
(2) Analyse raisonnée de
lHistoire de France, in uvres complètes,
Paris, Ladvocat, 1826-1831, t. Vter, p. 458. (retour
au texte)
(3) His Very Self and Voice :
conversations choisies de Lord Byron, éd. Ernest
J. Lovell Jr, New York, Macmillan, 1954, p. 198. (retour
au texte)
(4) Ode à Napoléon,
in uvres complètes, trad. Benjamin Laroche,
Paris, Charpentier, 1838, pp. 230-232. (retour
au texte)
(5) Mémoires doutre-tombe,
livre XXVII, chapitre 3, t. I, p. 1734. (retour
au texte)
(6) Mémoires doutre-tombe,
livre XXV, chapitre 1, t. I, p. 1594. (retour
au texte)
(7) Mémoires doutre-tombe,
livre XXIV, chapitre 14, t. I, p. 1575. (retour
au texte)
(8) Cité daprès
E. Tangye Lean, Les napoléoniens : étude
de la désaffection politique, 1760-1960, Londres,
Oxford University Press, 1970, p. 232. (retour
au texte)
(9) John Clubbe, « La dernière
campagne de Napoléon et les origines de Don Juan »,
in The Byron Journal, 1997, n° 25. (retour
au texte)
(10) Childe Harold, III, 42.
(retour au texte)
(11) Mémoires doutre-tombe,
livre XXIV, chapitre 6, t. I, pp. 1543-1544. (retour
au texte)
(12) Lettre sur les fortifications,
in M.-J. Durry, En marge des Mémoires doutre-tombe,
Fragments inédits, Paris, Le Divan, 1933, pp. 136-137.
(retour au texte)
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