MÉTIER MILITAIRE
ET ENRÔLEMENT DU CITOYEN :
LES ENJEUX DE LA LOI
Ce groupe de travail a été placé sous
la direction de M. Jean Cluzel, membre de l'académie
et de Madame Françoise Thibaut.
Depuis les moulins de Valmy et la Grande Armée,
depuis les levées en masse de deux Guerres mondiales,
les affrontements de décolonisation et l'obligation
d'un service national, l'imagerie sociale française
garde l'empreinte d'une conscription militaire souvent pesante,
parfois inopportune mais nécessaire à la sécurité
interieure comme à la paix internationale.
La loi Richard du 28 octobre 1997 portant réforme
du service national change la donne en suspendant le service
actif. Elle abandonne ce fameux service au profit d'une
armée professionnelle et moins nombreuse : à
la masse des citoyens qui a représenté
pendant les XIXe et XXe siècles, la force des armées
, le XXIe siècle confie à des hommes
de métier la technicité, l'efficacité
de savoirs défensifs et offensifs qui n'ont plus de
liens direct avec l'enrôlement plus ou moins volontaire
du citoyen.
Ce changement s'inscrit dans l'évolution de la société
française toute entière, dans le cadre de l'Union
européenne et d'une relative mondialisation du maintien
de l'ordre. La réforme de la conscription militaire
en France est aussi l'un des nombreux épisodes de la
gestion d'une armée nationale, évoluant sans
cesse dans l'histoire entre la notion de métier et
celle de devoir. Les conséquences pour le corps social
ainsi que pour le milieu militaire, en particulier
l'armée de terre , sont significatives d'un passage
vers une conception nouvelle de la nation.
Le groupe de travail académique, co-présidé
par M. Jean Cluzel et Mme le Professeur Françoise Thibaut,
s'est emparé de cet aspect de la société
française actuelle dans le but de fournir une lecture
ajustée d'une réforme ambigüe. Atour de
Jean-Pierre Dionnet, une équipe de recherche de la
Faculté de droit de Poitiers, composée de Céline
Hiscock-Lageot et Stéphanie Pavageau, a mené
un vaste travail documentaire dans une perspective résolument
comparatiste.
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LE RAPPORT
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