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M. Michel Albert
Secrétaire perpétuel de l'Académie
L'ACADÉMIE AU
PRÉSENT
séance solennelle du 16 novembre
2009
Monsieur le Ministre,
Messieurs les députés,
Madame le membre du Conseil constitutionnel,
Monsieur le Président de Chambre de la Cour des Comptes,
Monsieur le Président de lInstitut,
Monsieur le Chancelier,
Madame et Messieurs les Secrétaires perpétuels,
Mes chers confrères,
Mesdames, Messieurs,
Notre vice-président, Jean Mesnard, vient de proclamer
un impressionnant palmarès. A tous ceux dont le nom
a retenti sous cette Coupole et que notre Académie
a jugé dignes dêtre ornés
de lauriers - puisque cest le sens du mot
lauréat je serais tenté de dire :
lAcadémie au présent ,
cest vous. Mais dans ce palmarès de plus de soixante
prix, un prix na pas été cité,
qui est pourtant lun des plus éminents à
nos yeux. Quon se rassure : il ne sagit pas
dun oubli de la part de Jean Mesnard, puisque ce prix
nest pas stricto sensu un prix de lAcadémie,
même si sa création est un véritable événement
dans notre histoire académique. Je veux parler du Prix
Claude Lévi-Strauss, premier grand prix national de
sciences humaines et sociales créé par Valérie
Pécresse, Ministre de lEnseignement supérieur
et de la Recherche, qui en a confié lorganisation
et la gestion à notre Académie. Elle en fit
lannonce le 28 novembre dernier, jour du centenaire
du plus glorieux des anthropologues français. Notre
confrère de lAcadémie française
et doyen de lInstitut nous a quittés, il y a
deux semaines à peine, peu avant davoir accompli
la cent-unième année de son âge, laissant
à ladmiration du jeune siècle mieux quune
uvre à prolonger : un exemple à méditer.
Le prix qui porte son nom perpétuera, désormais,
sa mémoire.
Ce Prix Claude Lévi-Strauss concerne lensemble
des sciences humaines et sociales, de la philosophie à
léconomie, des humanités au droit, en
passant par la sociologie, la linguistique, la psychologie,
lhistoire et, bien sûr, lanthropologie.
Il couronne un chercheur français, en activité,
de renommée internationale, dont luvre
est novatrice par son apport méthodologique, et dont
les travaux cela mérite dêtre souligné
illustrent la complémentarité des disciplines.
Il est attribué par un jury international où
siègent trois de nos confrères, sous la présidence
de lun dentre eux, Raymond Boudon. Ce choix simposait,
tant luvre de Raymond Boudon est un appel constant
au respect de la rigueur scientifique porteuse de lidée
que nous nous faisons des sciences humaines et sociales au
sein de notre Académie.
La première cérémonie de remise de ce
prix annuel a eu lieu le 29 juin dernier, au Palais de lInstitut,
en présence de Madame la Ministre, qui a prononcé
le discours de félicitation du lauréat, Dan
Sperber, anthropologue et linguiste qui sest illustré
dans les sciences cognitives. Le prix sera remis désormais
chaque année dans le cadre de notre Académie.
Jai tenu à mattarder un moment sur le Grand
Prix Claude Lévi-Strauss, non seulement en raison des
circonstances, mais parce que la création de ce prix
invite à la réflexion sur notre Académie.
Dabord sur sa vocation originale dans le domaine des
sciences humaines et sociales ; ensuite sur son identité,
dont la pluridisciplinarité est plus que jamais le
caractère majeur ; et enfin sur la manière
dont les activités actuelles de lAcadémie
illustrent à la fois cette vocation et cette identité.
*
Bien que mon allocution sintitule lAcadémie
au présent , je commencerai par une brève
incursion dans notre histoire, afin de rappeler les intentions
des fondateurs de notre Compagnie.
Elle a été créée en 1795, soit
un siècle et demi après lAcadémie
française. Mais elle sinscrit dans une continuité,
une longue histoire qui commence avec la République
des lettres , formée à la Renaissance,
pour aboutir à cette dénomination dAcadémie
des sciences morales et politiques.
Sciences morales
voilà
un bien grand mot. Et pour certains, presque un gros
mot . Comment ! La Révolution aurait
fondé une académie de lordre moral et
politique, un club de moralisateurs ? Nous ne sommes
rien de tout cela, puisque ladjectif moral
signifie ici je cite le dictionnaire de lAcadémie
française : qui concerne létude
des murs .
Dès lorigine, étaient associées
aux humanités , à la
philosophie et à lhistoire, les disciplines plus
récemment constituées, telles que léconomie
politique et la science sociale. LAcadémie a
ensuite intégré les sciences politiques, la
sociologie, la démographie, la statistique, au fur
et à mesure de leur apparition dans le paysage intellectuel.
Elle na jamais cherché à imposer ni même
à définir, une théorie unique et générale
dexplication de lhistoire et de la société.
Elle reste en cela fidèle à son exigence de
pluralisme intellectuel, à sa défiance vis-à-vis
des idéologies, mais aussi à sa vocation dindépendance
à légard des pouvoirs publics. Aujourdhui
encore, le pouvoir politique ne nous désigne pas ;
lopinion publique ne nous élit pas ; la
pensée dominante, quelle quelle soit, ne simpose
jamais à nous comme telle.
Il faut croire que, dès le début, lEtat
avait à craindre la liberté de pensée
à laquelle était vouée notre Compagnie,
puisque Bonaparte en décida la suppression dès
1803, et quil fallut attendre le gouvernement libéral
de Guizot, en 1832, pour que les Sciences morales et politiques
retrouvent leur place à lInstitut. Guizot pouvait
alors dire en une formule toujours actuelle : Cest
le privilège des gouvernements libres de résister
aux épreuves dont seffraye le pouvoir absolu.
Près de deux siècles plus tard, lexigence
est toujours la même. Composée de membres élus
en raison de leur expérience et de leur aptitude à
prendre du recul, lAcadémie des Sciences morales
et politiques a précisément pour mission de
distinguer les idées éprouvées des pensées
chimériques et les repères solides des références
aventureuses. Dans le passé, les sciences humaines
et sociales ont trop souvent dérivé vers une
littérature de grands mots, voire de slogans, censés
tenir lieu de théories. En préservant sa vocation,
cest son utilité sociale elle-même que
lAcadémie sauvegarde. Or, cette utilité
sociale, si elle est parfois méconnue, me paraît
plus grande encore dans le présent quelle ne
létait par le passé.
*
Au cours du XXe siècle, de grandes théories
se sont affrontées pour donner une explication globale
de la vie sociale, un fondement unique à lapparente
diversité de lhistoire humaine. Mais aujourdhui,
les grands systèmes dexplication du monde ont
perdu de leur autorité. Dans un contexte intellectuel
déclatement de la pensée, lAcadémie
des Sciences morales et politiques constitue un exemple unique
dunité dans la diversité. Mais elle lest
surtout par son caractère pluridisciplinaire.
Dans la France daujourdhui, par la force des choses,
les universités ont leurs spécialités,
de plus en plus nombreuses. Les centres de recherches, les
laboratoires, les séminaires, les congrès, les
colloques, ne font le plus souvent se rencontrer que des spécialistes
occupés des mêmes questions.
Cette spécialisation croissante nest pas moins
avérée dans les structures de conseil dont lEtat
sest récemment entouré. La multiplication
des structures de conseil montre les besoins croissants quont
les pouvoirs publics de recourir aux sciences humaines et
sociales. LEtat veut pouvoir compter sur les conseils
de ses propres experts. Mais dans ce domaine comme dans celui
des universités et de la recherche, il nexisterait
pas dinstitution-pivot , dorgane
de référence susceptible de faire office de
comité des sages en matière
de sciences humaines et sociales, si ce nétait
précisément le rôle dévolu à
lAcadémie des Sciences morales et politiques.
Guizot disait encore : Les Académies
[
] groupent sans leur imposer aucun joug, aucune unité
factice, des hommes qui, sans ce lien, resteraient absolument
étrangers les uns aux autres. La composition
de lAcadémie des Sciences morales et politiques
réalise cette intention au plus haut point. Elle possède
une réelle singularité, en raison de la diversité
des disciplines quelle réunit, et de la multiplicité
des parcours et des compétences de ses membres. Où
voit-on lhistorien et le métaphysicien, lhomme
dÉtat et le grammairien ; où voit-on le
démographe et le sociologue, le géographe et
le banquier ; où voit-on lindustriel et lambassadeur,
le juriste et le journaliste, siéger côte à
côte, participer aux mêmes travaux, collaborer
à la même uvre, partager une même
convivialité ? Ce compagnonnage construit lidentité
même de notre compagnie. Il est la meilleure illustration
de lesprit académique.
Notre confrère Jean Baechler dit ce sujet : Une
Académie ne peut pas être composée de
spécialistes de la même spécialité.
[
] Une Académie est un espace généraliste
réunissant des spécialistes, et elle pourrait
bien être la seule à présenter cet avantage.
Il ne sagit pas de contester la spécialisation,
qui est bonne en elle-même. Mais il sagit de ne
pas sen contenter. En cherchant à éclairer
un seul domaine scientifique précis, on prend le risque
dobscurcir la vue densemble. Or, les sciences
morales et politiques ne peuvent se passer dune vue
densemble de lhomme et de la société.
Un exemple tout récent et particulièrement frappant
montre que cette idée est mieux reconnue aujourdhui.
Il y a un mois, le prix Nobel déconomie a été
attribué à deux chercheurs américains,
léconomiste Oliver Williamson, et double
innovation à une femme, Elinor Ostrom, qui,
elle, nest pas économiste ! LAcadémie
Nobel les a récompensés pour leurs travaux pluridisciplinaires,
dans des domaines qui relèvent des sciences politiques,
de la sociologie, de la psychologie et du droit.
De même, bon nombre de nos confrères se caractérisent
par la polyvalence de leurs talents. Lun dentre
eux nest-il pas à la fois le grand maître
de lhistoire napoléonienne, lauteur dun
Dictionnaire du roman policier comptant 2 353
entrées et lauteur de deux dictionnaires du cinéma
dont le second, qui vient dêtre publié,
est intitulé Dictionnaire amoureux du cinéma.
Enfin, je men voudrais domettre, à lactif
de ce même confrère, une étude sur les
origines de la bande dessinée intitulée Les
Pieds Nickelés grâce à laquelle jai
aujourdhui linsigne honneur de faire entrer pour
la première fois sous la Coupole Croquignol, Ribouldingue
et Filochard !
Au-delà des personnalités qui la composent,
cest collectivement que notre Académie est vouée
à la pluridisciplinarité et cest ce caractère
qui a été particulièrement mis en valeur
lors du bicentenaire de lInstitut, en 1995, lorsque
le Président de la République a qualifié
notre Académie d irremplaçable
conseillère des pouvoirs publics .
*
Ainsi, depuis un an, lAcadémie a mené
à bien un travail exemplaire sur la question si actuelle
des Autorités administratives indépendantes,
grâce à un groupe de travail animé par
notre regretté confrère Roland Drago, qui a
pu achever son uvre peu avant son décès.
De son côté, François Terré dirige
un groupe de quinze juristes de haut niveau, qui a remis au
garde des Sceaux, en décembre dernier, un projet de
réforme du droit des contrats. Le groupe de François
Terré poursuit ses travaux et fait désormais
porter ses efforts sur le droit de la responsabilité.
Un nouveau rapport sera achevé dici lété
2010. Il sera, lui aussi, remis à la Chancellerie et
pourrait constituer la base dun développement
législatif.
Dans le même sens, lAcadémie avait accepté,
en 2005, une mission confiée par les pouvoirs publics
sur la laïcité. Notre confrère André
Damien a réussi à donner à ce centenaire
officiel de la loi de 1905 une sérénité
sans précédent sur cette question toujours si
sensible. Cette commémoration, réalisée
à la demande des plus hautes autorités de lEtat,
illustre la modernité des pratiques académiques.
En dehors de ces travaux de conseil auprès du pouvoir
politique, réalisées soit à la demande
du gouvernement, soit à notre propre initiative, les
activités de lAcadémie se caractérisent
par leur grande diversité.
En septembre dernier, un colloque sur Calvin et la langue
française organisé par notre Compagnie, sest
tenu au Palais de lInstitut sous la présidence
de Jean Mesnard. À loccasion du cinquième
centenaire de la naissance du Réformateur, qui fut
aussi un grand écrivain, il a paru opportun daborder
son uvre sous un angle non confessionnel, celui du rôle
quelle a joué dans lémergence de
la langue française moderne. Comment ne pas rappeler
ici la place immense quoccupait Pierre Chaunu, dans
lhistoriographie de la Réforme ? Notre regretté
confrère, disparu le mois dernier, avait su croiser
les angles danalyse, se plaçant au carrefour
de lhistoire religieuse, sociale, économique,
et faisant ainsi de son uvre une puissante leçon
de méthode.
Dans un tout autre domaine, lAcadémie a organisé,
à loccasion de la remise du premier prix de la
Fondation Olivier Lecerf, fondée par notre confrère
Bertrand Collomb, une journée détude sur
le management humaniste, qui fut loccasion dune
réflexion de fond sur la fonction de directeur des
relations humaines dans les grandes entreprises.
Par ailleurs, nos liens avec lExtrême-Orient,
noués depuis plus dune décennie, se poursuivent
sous diverses formes et avec divers interlocuteurs, grâce
à lengagement de notre confrère sinologue
Marianne Bastid Bruguière et de plusieurs autres confrères.
Cest ainsi que depuis 1996, dans le cadre de la Fondation
culturelle franco-taïwanaise, lAcadémie
récompense et encourage par des prix importants chercheurs
et acteurs culturels qui permettent aux Européens de
découvrir ou de mieux comprendre ce qui se passe à
lautre bout de lEurasie.
Pour autant, ce regard focalisé sur la riche culture
de Taïwan, dont je salue ici le Représentant,
nest pas exclusif des évolutions formidables
qui affectent limmense Chine continentale. Cest
pourquoi lAcadémie sest associée
avec intérêt au dialogue lancé par le
Forum Chine-Europe, dont je salue le Président, qui
est cette année lun de nos lauréats. LAcadémie
a aussi accueilli un atelier sur lévolution des
repères éthiques en Chine et en Europe et, en
juillet dernier, elle a été partenaire dun
atelier sur le nationalisme chinois qui sest tenu à
Hong Kong.
De même, nous avons accueilli une réunion des
présidents de tous les comités techniques du
Codex Alimentarius, commission internationale créée
par la FAO et lOMS en vue délaborer des
normes alimentaires.
Les progrès de la gouvernance mondiale
sont, chacun le sait, un aspect essentiel de luvre
de notre confrère Mireille Delmas-Marty, mais aussi,
dans le domaine financier et monétaire, de Jacques
de Larosière.
A la demande de la Commission européenne, un groupe
dexperts européens de haut niveau placé
sous sa présidence a été constitué
en octobre 2008. Son rapport portant sur la régulation
financière en Europe, a été déposé
en février 2009. On prête à Balzac ce
mot cruel et désenchanté : Un
rapport est parfois un apport et toujours un report .
Eh bien ! Jacques de Larosière vient de lui apporter
un démenti spectaculaire. En effet, le rapport Laroisière
est un exemple presque unique de mise en uvre rapide
et opérationnelle de ses propositions. Ainsi a-t-il
été suivi par dimportantes décisions
de principe du G20 davril 2009 dabord, du Conseil
européen ensuite.
Les contributions de nos confrères aux grands chantiers
internationaux, tels que le G20, ou, dans un autre domaine,
celui du droit, au jury international du nouveau Grand Prix
Onassis, font honneur à notre Compagnie.
Cest en restant ainsi fidèle à sa vocation
et à son identité que lAcadémie
se tourne vers lavenir. À trois semaines du Sommet
mondial de Copenhague, lexemple le plus actuel en est
assurément louvrage fondateur dEmmanuel
Le Roy Ladurie sur lhistoire du climat. Qui peut nier,
par ailleurs, que notre Compagnie était en avance sur
son temps lorsque, dès 2001, elle publiait un rapport
de Gabriel de Broglie sur le droit dauteur et Internet,
sujet alors absolument neuf, quil fallut débroussailler,
et qui, aujourdhui, pourrait remplir des bibliothèques
entières ? Qui peut nier que notre Académie
avait vu juste, lorsquen 2001, elle aborda sous la présidence
de Thierry de Montbrial le grand thème de la
France du nouveau siècle ? Et lorsquen
2002, elle choisit pour thème annuel, sous la présidence
de Marcel Boiteux, le développement durable ?
ou encore lorsquen 2007, elle entreprenait une étude
critique de lenseignement de léconomie
au lycée ?
Faut-il rappeler quil y a deux ans, lAcadémie
prolongeant luvre portée par Yvon
Gattaz avec sa grande association Jeunesse et
entreprise avait pris linitiative
de publier un livre intitulé La France prépare
mal lavenir de sa jeunesse, dont la préface
était co-signée par nos deux regrettés
confrères, les anciens Premiers ministres Raymond Barre
et Pierre Messmer. Depuis lors, et en dépit de nombreuses
dispositions nouvelles adoptées en faveur de lemploi
des jeunes, la crise en a encore aggravé leur situation.
Cette réflexion sur lavenir de la jeunesse a
trouvé une suite logique dans le cycle académique
organisée tout au long de lannée 2009
par notre président Jean-Claude Casanova, sur le thème
de lUniversité, dont il nous a présenté
tout à lheure la brillante synthèse.
*
Mesdames, Messieurs, chers confrères,
LAcadémie a pour elle lexpertise et lexpérience,
la pérennité et la capacité de garder
la distance nécessaire sur les sujets les plus brûlants.
Mais, chacun le sait, elle partage avec toutes les institutions
vouées à une réflexion de fond la difficulté
de prendre place dans la société de linformation.
Et pourtant, dans bien des domaines sensibles, lopinion
règne sans être suffisamment informée.
Cest que les contraintes de la médiatisation
favorisent linstantané au détriment de
la réflexion, lémotion au détriment
de la raison, lexagération au détriment
de la mesure. Devant cette réalité, rien ne
sert de senfermer dans une attitude obsidionale et résignée.
Il nous faut admettre que le travail académique ne
peut trouver sa place dans la société de linformation
que si nous créons nos propres médias. Cest
tout le mérite de mon prédécesseur Jean
Cluzel de lavoir compris et davoir fondé,
animé et promu la première radio académique
sur Internet : Canal Académie. Je cite Jean Cluzel :
Les cinq Académies du Quai de Conti
détiennent les meilleurs gisements de savoir et, sans
arrêt, en découvrent de nouveaux. Canal Académie
est un espace de liberté dont les Académiciens
et leurs invités peuvent se servir en ne salignant
sur aucune mode. La voix des Académies, cest
aussi lune des voix de la France, qui, maintenant, se
fait entendre dans le monde entier.
Ainsi, en 2008, Canal Académie a compté 7 millions
et demi de visites, et près de trois millions de téléchargements.
Après quatre ans, le succès est donc au rendez-vous ;
notre reconnaissance lavait précédé ;
je me réjouis de cette occasion de lexprimer
à nouveau dans cette séance solennelle.
Notre académie est un observatoire. Non pas au sens
astronomique, comme si lon voulait placer sous cette
coupole un gigantesque télescope. Elle nest vouée
à scruter ni linfiniment grand, ni linfiniment
petit. Mais à observer lHomme, la Cité,
le monde dans lequel nous vivons. Telle est lAcadémie
au présent.
Par le nombre et la qualité de ses lauréats,
par la diversité de ses engagements et par la disponibilité
de ses membres, lAcadémie au présent
perpétue sa vocation en vue de lavenir, avec
une ambition rajeunie et avec cette confiance dont nous savons
quelle est comme la sève du progrès des
sociétés.
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