LAcadémie
prend position
sur le projet de révision constitutionnelle
- mardi 22 avril 2008 -
Alors que le Conseil des ministres du mercredi 23 avril
2008 doit examiner le projet de loi constitutionnelle qui
sera débattu prochainement au Parlement, lAcadémie
des Sciences morales et politiques a adressé au Premier
ministre un Avis.
Les Académiciens approuvent lesprit général
de la réforme mais contestent certaines mesures importantes
envisagées.
*
LAcadémie a constitué en son sein un
groupe de travail dont le rapporteur est M. Jean Foyer, ancien
Garde des Sceaux. Après avoir étudié
lavant-projet de loi constitutionnelle, lAcadémie
a adopté le 14 avril dernier le texte dun « Avis
sur le projet de révision constitutionnelle »
et la rendu public (www.asmp.fr).
LAcadémie approuve lesprit
général de la réforme :
Le projet ne modifie pas la nature du régime :
cest un point essentiel. La Cinquième République
a donné cinquante ans de stabilité institutionnelle
à la France grâce à la souplesse de sa
« double lecture » : elle offre
un équilibre entre régime parlementaire et régime
présidentiel.
Mais lAcadémie rappelle
que cet équilibre ne doit pas être fragilisé :
- LAcadémie approuve le principe dune
intervention du chef de lEtat devant le Parlement,
à condition que lallocution ne soit pas suivie
dun débat. Le débat parlementaire étant
indissociable de la responsabilité du gouvernement,
il ne peut concerner le Président de la République.
- Elle approuve la plupart des modifications du travail
parlementaire (droit de lopposition, augmentation
du nombre des commissions, etc.).
- Mais lAcadémie désapprouve
la quasi-abrogation de larticle 49 alinéa
3. Elle rappelle que la procédure du 49.3, essentielle
à la stabilité gouvernementale, est démocratique :
en effet, elle subordonne louverture dune crise
politique à la preuve quil existe une nouvelle
majorité pour gouverner à la place de la majorité
défaite.
- LAcadémie conteste la procédure
de contrôle parlementaire dans les nominations
à certains emplois publics qui risque de politiser
la fonction publique.
- En outre, lAcadémie conteste la modification
de lArt. 21 de la Constitution qui ferait de la défense
nationale une prérogative du seul Président
de la République en la faisant échapper à
la responsabilité parlementaire du Gouvernement.
- Elle conteste enfin le principe de lexception
dinconstitutionnalité, qui créerait
une insécurité de la loi, facteur de désordre
juridique.
LAcadémie des Sciences morales et politiques
est lune des cinq académies qui composent lInstitut
de France. Fondée par la Première République
en 1795, elle est la plus ancienne institution française
à couvrir la totalité du champ des sciences
humaines et sociales.
Elle a pour vocation déclairer lopinion
et les pouvoirs publics sur les grandes questions de société,
notamment sur lorganisation juridique de la Cité.
Elle compte cinquante membres répartis en six sections,
dont une section de Législation, droit public et jurisprudence.
Académie
des Sciences morales et politiques
23, quai de Conti 75006 Paris
Président en exercice : M. le professeur François
Terré
CONTACT
Au secrétariat de lAcadémie :
01 44 41 43 26
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